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Pas de corps, pas de deuil

La famille du Tunisien Bassem Miled devra attendre trois mois avant de récupérer sa dépouille

La famille du Tunisien Bassem Miled, mort calciné dans un accident en Beauce, est incapable de faire son deuil.
Photo courtoisie et d'archives La famille du Tunisien Bassem Miled, mort calciné dans un accident en Beauce, est incapable de faire son deuil.

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La famille d’un soudeur tunisien brûlé vif dans son véhicule, en Beauce, est choquée que les autorités canadiennes refusent le rapatriement du corps avant la fin de l’enquête policière, ce qui pourrait prendre jusqu’à trois mois.

Bassem Miled était soudeur pour le Groupe Canam en Beauce. Le 17 novembre, il a quitté le boulot après un quart de nuit. Depuis, il n’est plus jamais rentré au travail ni revenu à sa résidence.

La famille du Tunisien Bassem Miled, mort calciné dans un accident en Beauce, est incapable de faire son deuil.
Photo Agence QMI, Steve Poulin

À 3h30 ce matin-là, quelques minutes après le départ de Bassem du travail, un automobiliste a effectué une violente sortie de route à Saint-Georges, en Beauce, avant de prendre feu sur un terrain privé.

Le corps était si calciné que les policiers n’ont pas pu identifier le conducteur, transférant le corps au Laboratoire judiciaire et de médecine légale de Montréal.

Entre-temps en Tunisie, la famille de Bessem Miled a été informée du décès, même si les spécialistes ne peuvent pas confirmer celui-ci officiellement. Reste qu’il s’agissait de la voiture de Bassem et qu’il n’a plus été revu à la suite de ce violent accident.

D’ailleurs, le consul tunisien au Canada, un ami proche de la famille Miled, a lui-même récupéré les effets personnels du défunt à la résidence de ce dernier, en Beauce.

Marwen Miled, frère de la victime, et sa mère devront attendre que l’ADN récupéré sur le corps calciné dans l’automobile accidentée confirme l’identité de Bassem. Ils pourront ensuite l’enterrer.
Photo courtoisie
Marwen Miled, frère de la victime, et sa mère devront attendre que l’ADN récupéré sur le corps calciné dans l’automobile accidentée confirme l’identité de Bassem. Ils pourront ensuite l’enterrer.

Trop long

Le frère et la mère de la victime ne comprennent pas que le délai pour recevoir le corps soit si long et ils demandent au Canada d’accélérer le rapatriement de Bassem dans leur pays.

«Nous devons attendre trois mois pour pouvoir prendre le corps. C’est trop long. Qu’est-ce qu’ils vont faire durant tout ce temps?» a demandé le frère de la victime, Marwen.

Or, les spécialistes ont indiqué que l’enquête pourrait prendre près de trois mois.

«Ils ont dit que c’est la loi au Canada. Mais, ici, on n’a rien compris. Oui, nous sommes fâchés, nous voulons notre frère. Ma mère est dans un mauvais état», a-t-il mentionné, indiquant que son frère devait venir leur rendre visite le mois prochain.

Hejra Ksouri, mère de Bassem Miled, affirme avoir de la difficulté à faire son deuil en l’absence du corps de son fils.
Photo courtoisie
Hejra Ksouri, mère de Bassem Miled, affirme avoir de la difficulté à faire son deuil en l’absence du corps de son fils.

Enquête

Alors que les funérailles musulmanes se font rapidement à la suite d’un décès, la famille et le consulat trouvent que cet interminable délai nuit au processus de deuil.

«Ils ne peuvent pas confirmer le décès à 100 %, et c’est regrettable. D’autant plus qu’en Tunisie, l’enterrement se fait le lendemain du décès. Donc, attendre autant, c’est vraiment très dommage», a affirmé Borhene El Karmel, premier conseiller au consulat tunisien à Ottawa.

Avant que le corps soit remis à la famille, l’enquête policière sur les circonstances de l’accident doit être achevée et l’ADN recueilli doit révéler qu’il s’agit bel et bien de Bassem.