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Unité 9: automne intense, hiver de changements

Chaque semaine, un peu plus de 2 millions de téléspectateurs suivent la vie de Marie Lamontagne à Lietteville.
Photo courtoisie Chaque semaine, un peu plus de 2 millions de téléspectateurs suivent la vie de Marie Lamontagne à Lietteville.

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Après 3 mois de montagnes russes émotionnelles, la saison automnale d’Unité 9 s’est terminée avec fracas mardi soir. En entrevue au Journal, l’auteure Danielle Trottier dresse le bilan d’une demi-année polarisante (merci, Marie) et parle des nouvelles détenues qui secoueront Lietteville cet hiver.

Mise en garde: ne lisez pas les prochains paragraphes si quelques épisodes d’Unité 9 gisent encore dans votre enregistreur.

Mardi, le verdict est finalement tombé dans l’affaire opposant Marie (Guylaine Tremblay) à Benoît (Patrice L’Ecuyer), qu’elle accuse d’agression sexuelle sur sa défunte fille: faute de preuves, le procès n’aura pas lieu. La rébellion de Marie, qui s’est radicalisée en tortionnaire «dealeuse» de drogue depuis l’accident fatal dont ont été victimes ses enfants, prendra-t-elle fin?

Danielle Trottier
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Danielle Trottier

Plusieurs téléspectateurs le souhaitent.

«Cette femme s’est battue très fort toute sa vie, explique Danielle Trottier, jointe au téléphone. Elle a toujours choisi le combat pour éviter de sombrer. Alors elle ne pouvait pas agir différemment quand ses enfants sont morts. Elle est dans le déni total. Elle n’a pas du tout vécu de deuil. Elle mord dans quelque chose parce que ça fait trop mal en dedans. Mais un jour ou l’autre, elle va se retrouver toute seule dans sa chambre avec une chose en tête: elle est seule maintenant.»

Ce jour est-il arrivé? «Elle n’aura pas d’autre choix que d’affronter ses démons, répond l’auteure. C’est ce qui l’attend. La saison 4 aura été son ultime traversée de l’enfer.»

Pas trop loin

Unité 9 a continué d’attirer les foules et soulever les passions cet automne. Selon les cotes d’écoute confirmées de Numéris, la drame attire en moyenne 2 014 000 fans chaque semaine, un résultat similaire à celui de l’an dernier, alors que 2 093 000 personnes étaient au rendez-vous.

Contrairement à certaines critiques, Danielle Trottier ne croit pas être allée trop loin avec Marie depuis septembre.

«Si Marie avait été un gars qui apprend qu’on a violé sa femme avant qu’elle meure, et qu’il était devenu violent et baveux avec tout le monde, on aurait dit: “Pauvre lui.” Je pense qu’en 2015, c’est encore difficile d’accepter qu’une femme réagisse comme ça. On est plus habitué à l’état dépressif, aux larmes, etc.»

Trois nouvelles détenues

En plus de marquer le poignant départ de Michèle (Catherine Proulx-Lemay), l’épisode de mardi révélait la teneur de quelques intrigues qui seront développées cet hiver, quand la série reviendra en ondes le 12 janvier. Parmi elles, difficile de passer outre Kim Vanier, une nouvelle détenue jouée par Élise Guilbault. Juste avant la tombée du générique, cette avocate, friande des pratiques sadomasochistes, venait de débarquer à Lietteville après avoir plaidé coupable de voies de fait et menaces de mort contre un policier. Son bref échange avec Despins (François Papineau) laissait présager de vives tensions.

Deux autres détenues rejoindront Marie et compagnie après les fêtes: la jeune Cameron Marcoux, interprétée par Karelle Tremblay, une étoile montante qu’on verra prochainement dans King Dave de Podz, et Marie-Gisèle Castonguay, une femme d’un certain âge qui sera campée par nulle autre qu’Angèle Coutu.

«On a confié ce rôle à une très grande actrice, souligne Danielle Trottier. Pour avoir vu plusieurs scènes, je peux dire qu’Angèle est absolument étonnante. C’est du grand, grand jeu...»

Quant à Anik Jean, qu’on a entrevue dans la bande-annonce diffusée en fin d’épisode, on parle d’un rôle épisodique.

« J’étais tellement émotive... »

Catherine Proulx-Lemay
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin
Catherine Proulx-Lemay

Prise au théâtre (elle joue dans Bientôt viendra le temps à l’Espace Go), Catherine Proulx-Lemay ne faisait pas partie des

1 662 000 téléspectateurs qui ont pleuré en voyant Michèle quitter Lietteville mercredi soir dans Unité 9. En descendant de scène, la comédienne a toutefois été inondée de messages lui disant combien sa dernière scène les avait émus. «Ève Landry m’a dit qu’elle avait pleuré sa vie», révèle-t-elle au Journal.

Catherine Proulx-Lemay a appris au printemps que Michèle allait recouvrer sa liberté. L’actrice avoue avoir pris la nouvelle avec une grande tristesse. «Je m’y attendais, mais j’ai trouvé ça dur de quitter un projet qui me tenait autant à cœur. Je vais m’ennuyer de Michèle... C’était un personnage explosif et haut en couleur. Avec elle, tout était possible: autant ses pétages de coche que ses moments de douceur avec ses enfants. C’est rare de pouvoir jouer un aussi beau rôle de composition.»

Scène difficile à jouer

Fait à signaler, Catherine Proulx-Lemay a joué sa scène d’adieu en mai, dès son retour au travail. «C’était heavy, raconte-t-elle. La scène n’était pas écrite dans les larmes, mais j’étais tellement émotive... Ça débordait. Je ne pouvais pas me battre contre ça. J’en ai parlé au réalisateur et ensemble, nous avons décidé que c’était OK, que c’était aussi un mélange d’émotions pour Michèle: la peine de quitter ses amies, mais le bonheur de retrouver ses enfants.»