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Enfants et écrans en quête d’équilibre

Enfants et écrans en quête d’équilibre
illustration, marie-pier Gagné

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Qu’on le veuille ou non, nos enfants baignent dans un monde numérique qu’ils habitent avec tous les écrans à leur disposition.

Les enfants souffrent-ils de leur exposition quotidienne aux écrans?

Fondateur d’Apple, Steve Jobs lui-même a déjà expliqué qu’il préférait limiter l’accès de ses enfants à la technologie numérique, dans une ­entrevue accordée au quotidien New York Times.

Quelques études tendent à démontrer que les écrans peuvent nuire au développement cognitif de l’enfant.

Dans son essai TV Lobotomie, ­l’auteur Michel Desmurget compare les dessins d’enfants âgés de cinq et six ans exposés à moins d’une heure d’écran par jour à ceux des enfants exposés à plus de trois heures de télé par jour. Les résultats, assez frappants, démontrent une diminution des capacités motrices, de la créativité et du développement ­affectif chez les enfants étant ­davantage exposés aux écrans.

Rapides à réagir

Selon une autre étude, signée Olivier Houde, directeur du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant du CNRS, les enfants ayant grandi avec les jeux vidéo ont gagné des aptitudes cérébrales en matière de vitesse et d’automatisme au détriment du raisonnement et de la maîtrise de soi. En d’autres mots, ces enfants sont plus rapides à réagir, ils sont même impulsifs, mais ils peuvent ­rencontrer des difficultés à résoudre des problèmes qui nécessitent de ­réfléchir et de faire un effort pour comprendre la situation.

Il est clair que les enfants subissent les impacts des nouvelles technologies dans leur développement.

On l’a vu, ces impacts peuvent être négatifs. Ils peuvent toutefois affecter positivement la vie des enfants.

Dans les apprentissages, les écrans, la tablette ou l’ordi, peuvent ajouter une dimension ludique. Le jeu peut accroître la motivation des enfants qui peinent à compléter leurs devoirs. Dans ce cas précis, certaines applications éducatives peuvent aider aux apprentissages plus rapides et plus réflexes (tels le calcul mental, les additions ou les multiplications).

Tout est dans l’équilibre! Exposons les enfants aux différentes ­possibilités qu’offrent les nouvelles technologies et le monde numérique tout en maintenant de saines ­habitudes de vie.

Psychologue de formation, Nathalie Parent est auteure d’essais sur les relations familiales.

Six trucs pour mieux gérer les écrans de vos enfants

1• Allez-y avec jugement : chaque enfant est différent et nécessite des besoins particuliers. Si le vôtre démontre une surexcitation ou une augmentation de son agressivité après une ­utilisation prolongée d’un écran, il y aurait peut-être lieu de le ­limiter davantage ou d’introduire des jeux plus physiques pour ­extérioriser ses tensions et son agressivité.

2• Coupez l’écran s’il le faut : n’ayez pas peur de passer pour le parent sévère, pas cool ou différent des autres et de ­limiter le temps pour les écrans à vos enfants et adolescents.

3• Supervisez : votre enfant ne doit pas être laissé à lui-même devant les écrans. ­Observez l’utilisation faite par l’enfant de l’écran, ce qu’ils ­regardent, ce à quoi ils jouent. Pour les adolescents plus ­autonomes, intéressez-vous à ce qu’ils font sur leurs écrans

4• Montrez l’exemple : en tant que parents, utilisez ­votre écran avec équilibre et un bon dosage.

5• Pas d’écran avant le dodo : les spécialistes du sommeil recommandent de ­fermer les écrans au moins une heure avant d’aller dormir, car l’écran stimule le cerveau par la lumière bleue qu’il projette (entre autres) et retarde le sommeil, provoquant pour certains de ­l’insomnie

6• Jeux sans écran : exposer les enfants à différentes ­possibilités de jeux afin de ­développer un plus large éventail de capacités (physiques, psychologiques, sociales). Par le jeu libre (sans écran), l’activité physique, les jeux calmes (lecture, blocs, jeux de société) et jeux créatifs (dessin, peinture, théâtre, ­improvisation, etc.).