/finance
Navigation

L’importance de se réinventer

Quebec
Photo Le Journal de Québec, Stevens Leblanc

Coup d'oeil sur cet article

Ardent défenseur des arts et de la culture, le philanthrope Pierre Lassonde affirme que le développement des villes passe par la diversité, un atout essentiel à leur vitalité.

 

Quel est le parallèle entre le monde des affaires et le monde des arts ?

Les sociétés aujourd’hui, pour être novatrices, doivent être créatives. Les deux profitent l’un de l’autre. Regardez le parcours de Steve Jobs, qui disait que son meilleur cours, c’était la calligraphie. On voit ce qu’il a bâti. Alors, on ne peut pas les dissocier l’un de l’autre.

À quand remonte votre dernière acquisition d’œuvre d’art ?

Jeudi dernier. Dans le dernier mois, j’ai acquis des œuvres au rythme d’une par semaine. La dernière, c’est un McNicoll, qui est extraordinaire. C’est une pocha­de qui est le tableau préparatoire du grand tableau du marché.

Quel est le montant le plus élevé que vous avez déboursé pour faire l’achat d’une œuvre ?

Des millions! Au-delà de 3,3 M$, en dollars américains.

La femme nue de Modigliani s’est vendue 170,4 M$ US. Cela ne vous apparaît pas un peu excessif ?

C’est ce que ça vaut dans l’œil de l’acheteur.

Avez-vous suivi de près les travaux d’agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec ?

Ce chantier revêt une grande importance pour moi. J’ai visité le chantier à maintes occasions. On bâtit une œuvre d’art en soi. L’important sera de livrer un produit à la hauteur des attentes, non seulement des architectes, mais aussi de la population.

Est-ce que la culture philanthropique est suffisamment implantée au Québec ?

Quand on regarde à Québec, il y a encore beaucoup à faire du côté de la philanthropie. Il y a beaucoup de gens qui donnent de leur temps, mais est-ce qu’ils donnent de leurs talents et de leur trésor, qui sont les trois T de la philanthropie? De ce côté-là, je pense qu’on a encore beaucoup à faire.

Pourquoi les entreprises devraient-elles avoir une responsabilité sociale sur le plan des arts et de la culture ?

Un musée, ce n’est pas un business. On ne fera jamais d’argent avec un musée. On préserve, on conserve et on crée des arts. Ce n’est pas un processus qui mène à gagner de l’argent.

Alors, s’il n’est pas soutenu, vous allez vous retrouver dans un mouroir culturel. Est-ce que c’est ce que les gens veulent? Je ne pense pas.

À quel point la générosité des donateurs est-elle motivée par les crédits d’impôt ?

Personnellement, ce n’est jamais ce qui m’incite à donner. Au départ, il faut que je sois interpellé par la cause que je veux soutenir. Qu’il y ait des crédits d’impôt qui viennent, oui, économiquement, ça rend la chose plus facile, mais je n’ai jamais été motivé par ça.

Quelques mots sur Franco-Nevada Corporation, que vous avez créée, puis vendue pour finalement la racheter. Pourquoi ?

On a été chanceux. On a été capables de la racheter à une période où la valeur était très bonne. Le fait est que les actions ont quadruplé depuis ce temps. Cela nous a donné raison. Quand on a créé quelque chose, on y reste toujours attaché comme un père envers son enfant. Je ne pouvais pas la laisser aller.

Pourtant, l’avenir des métaux n’est pas très optimiste. Depuis le début de l’année, l’or a perdu près de 12 %. Quelle direction va prendre cette valeur ?

Je n’ai pas peur pour l’or. Comme dans toute chose, il y a des cycles. Comme entreprise, il faut être capable de profiter des occasions.

Quand les prix sont très bas, c’est le temps d’acheter, et c’est ce qu’on fait. Depuis un an et demi, nous en avons acheté pour près de deux milliards de dollars.

Qui est-il ?

Pierre Lassonde

Pierre Lassonde est un important homme d’affaires qui a fait fortune dans le secteur minier. Considéré comme l’un des plus grands collectionneurs d’art du pays, il n’hésite pas à appuyer les causes qui lui tiennent à cœur. Malgré sa fortune, M. Lassonde n’a jamais oublié ses origines. Depuis 10 ans, il est associé au plus important projet culturel du Québec, soit la construction du nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec.

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.