/news/society
Navigation

Michèle Audette en larmes lors de l’annonce de la tenue d’une enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées

Premier Kathleen Wynne and her fellow Premiers discuss issues with Leaders from the Assembly of First Nations, the Inuit Tapiriit Kanatami, the Metis National Council, the Congress of Aboriginal Peopl
Antonella Artuso/Toronto Sun/QMI Agency Michèle Audette, originaire de la communauté d’Uashat Mak Mani-Utenam, près de Sept-Îles, se réjouit qu’après toutes ces années, les femmes soient entendues.

Coup d'oeil sur cet article

L’ex-présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada, Michèle Audette, n’a pu retenir ses larmes lors de l’annonce de la tenue d’une enquête publique sur les assassinats et les disparitions de femmes autochtones au pays.

Quelques minutes après les précisions des ministres sur la tournure que prendra l’enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada, celle qui a été candidate libérale aux dernières élections fédérales était remplie d’espoir au bout du fil.

«Tant qu’on n’entend pas ou ne voit pas les choses, on imagine, on doute, on s’invente des scénarios. Mais là, quand j’ai pris ma place dans le foyer, que c’est officiel, qu’il y a des panneaux, des images et que les personnes sont venues expliquer la logistique officielle de exercice-là, j’ai eu de chaudes larmes qui ont coulées le long de mon visage», a-t-elle admis au Journal.

La femme originaire de la communauté d’Uashat Mak Mani-Utenam, près de Sept-Îles, se réjouit qu’après toutes ces années, les femmes soient entendues.

«Enfin... depuis 2001 que je m’implique avec d’autres femmes, alors que certaines ça fait 40, 50 ans qu’elles demandent justice, c’est incroyable. Enfin, on nous écoute, on nous parle, on nous inclut, c’est hallucinant»», a lancé Michèle Audette, avec émotions.

Bien qu’elle admette avoir douté, en premier lieu, de la façon de faire annoncée par le gouvernement, elle croit que le déroulement du processus en plusieurs phases sera positif.

«Au début, je me suis grattée la tête à savoir si c’était une bonne chose, et très vite je me suis rappelée que oui, c’est un nouveau gouvernement, il veut s’assurer qu’il fait les choses de la bonne façon et je trouve ça logique et important», a-t-elle indiqué.

La phase de «conception» de l’enquête permettra aux personnes impliquées de se faire entendre, croit-elle.

«Ça va permettre aux familles, enfin, d’être au-devant et de elles-mêmes passer le message, et non pas nous comme «anciens porte-paroles» ou «anciennes présidentes», mais les premiers concernés par ces tragédies-là pourront dire : regarder, c’est ça qui est important pour nous.»

Un rôle important ?

Celle qui s'est présentée dans la circonscription de Terrebonne aux dernières élections fédérales pourrait bien être appelée à jouer le rôle de commissaire, dans le cadre de l’enquête. D’ailleurs, elle ne cache pas sa volonté à s’impliquer.

«J’adore entendre cette rumeur-là, ça me fait chaud au cœur, mais en même temps, j’ai partagé ce message-là à une partie de l’équipe de M. Trudeau, il y a quelques semaines, en leur disant que si j’avais une petite place de près, ou de loin dans cette commission-là, j’en serais très honorée», a dit Mme Audette, qui dans le cas contraire, ira certainement présenter quelques pistes de solutions à titre d’intervenante.

Financement insuffisant

La coordonnatrice de la maison des femmes de Uashat, Marie-Claude Riverin, s’est dite rassurée par l’annonce et entend bien aller présenter la réalité telle qu’elle la voit sur le terrain, lors des consultations.

Sa maison des femmes dessert toutes les communautés autochtones de la Côte-Nord, une tâche presque impossible à son avis. à

«Le centre d’hébergement de Sept-Îles doit offrir un service aux neuf communautés et en réalité, il est impossible de faire de la prévention et de la sensibilisation dans les autres communautés, étant donné que le territoire est trop vaste, on ne peut pas s’y rendre si facilement», a-t-elle souligné.

Un financement plus adéquat pourrait faire partie des solutions pour enrayer la violence faite aux femmes. Lors de l’annonce, mardi, les ministres libérales ont rappelé des statistiques inquiétantes, dont que 16% des femmes assassinées au pays sont autochtones.

«Je pense que la réalité est encore plus grande. Les recensements ne dévoilent pas toutes les données. Si une femme est retrouvée et qu’elle n’a pas la peau foncée et des traits autochtones, elle ne sera pas considérée comme autochtone. Ça peut être biaisé comme donnée, je dirais que l’ampleur de la problématique est très élevée et on doit passer à l’action.»