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Québec à la COP21: un «show de boucane», dit Manon Massé

La députée solidaire, Manon Massé
Photo Journal de Québec, Régys Caron La députée solidaire, Manon Massé

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Philippe Couillard peut bien s’enorgueillir de la performance du Québec à la COP21, la députée gauchiste Manon Massé estime quant à elle qu’il s’agit d’un «gros show de boucane».

La députée de Québec solidaire n’est pas le moindrement impressionnée par les décisions prises par le gouvernement Couillard pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, pas plus que par les éloges récoltés par le Québec à la COP21. Manon Massé soutient que le gouvernement Couillard baigne dans l’incohérence la plus totale.

Elle prend pour exemple le projet d’exploitation du gaz et du pétrole de schiste à Anticosti, que Philippe Couillard vient de désavouer à Paris. À son avis, Québec n’a qu’à déchirer le contrat signé par le gouvernement Marois et les entreprises qui ont acheté les droits sur ces ressources (vendues par Hydro-Québec).

Le gouvernement Couillard se dit obligé de respecter le contrat pour ne pas encourir de pénalité. «C’est une chose et son contraire, dit Mme Massé. Nous possédons 35 % des actions de Pétrolia; peut-on voir le contrat et quelles sont les pénalités? Ça nous appartient», insiste la députée de Sainte-Marie−Saint-Jacques, qui est allée à Paris pour participer à la COP21.

L’incohérence du gouvernement est encore plus manifeste, dit Manon Massé, dans le projet Énergie Est, cet oléoduc que veut construire TransCanada pour exporter du pétrole de l’Alberta en passant par le Québec. La déclaration du premier ministre, selon laquelle «l’avenir du Québec n’est pas dans les hydrocarbures», n’impressionne pas la députée de gauche.

L’évaluation environnementale du projet ne tient pas compte des gaz à effet de serre (GES) émis lors de l’extraction du pétrole des sables bitumineux, pas plus que ceux qui seront émis une fois que le pétrole raffiné sera vendu aux consommateurs, dit-elle. «Il faut arrêter le projet maintenant ou l’on arrête de se péter les bretelles comme on vient de le faire avec nos engagements», martèle Mme Massé.

Si la Colombie-Britannique a pu empêcher les pipelines devant transporter le pétrole albertain de passer sur son territoire, le Québec peut le faire, soutient Manon Massé. «Le Québec a cette compétence. Le gouvernement se cache derrière l’Office national de l’énergie.

Par ailleurs, Manon Massé reproche au gouvernement de puiser dans le Fonds vert les 25 millions promis par le gouvernement Couillard aux pays en développement. «S’il est capable de sortir des centaines de millions de son budget pour des entreprises [Bombardier], pourquoi il ne le fait pas pour du développement ailleurs?» À son avis, le Fonds vert devrait être entièrement voué à réduire les émissions de GES au Québec.