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Condamné à bouger

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Il y a quelques années, je vous ai parlé aussi de l’énigme Rolland. Ce dernier, vers l’âge de 55 ans, était venu me consulter pour des douleurs dorsales tolérables, mais qui l’incommodaient lors de la pratique de son tennis de très bon calibre.

Il avait apporté les radiographies les plus récentes de sa colonne dorsale. À ma grande surprise, car je connaissais le niveau d’activité physique élevé de Rolland, les clichés montraient des signes d’arthrose graves, selon la lecture du radiologiste. Entre autres, on y observait des ostéophytes ou petites pointes osseuses en bec d’oiseau qui frottaient sur les tissus environnants. En plus, les disques intervertébraux étaient passablement aplatis ou soudés. Je me demandais comment il faisait pour jouer aussi intensément dans cet état. J’étais convaincu alors qu’il devrait cesser de jouer incessamment, rattrapé par des douleurs intolérables.

Soulager la crise

On a fait quelques séances de physiothérapie pour soulager la crise aiguë du moment. Je lui ai donné aussi quelques conseils sur le dosage en tenant compte de l’état d’usure de son dos. Je pensais toujours qu’il devrait diminuer son rythme considérablement.

Eh bien, je me suis royalement trompé! Rolland est maintenant rendu à 65 ans et il a même augmenté le niveau et l’intensité de son sport préféré. Il m’a confirmé récemment que son dos ne le faisait plus souffrir depuis longtemps.

En clinique, je vois régulièrement des gens plus jeunes qui arrivent avec des rapports radiologiques beaucoup moins graves. Certains sont complètement paralysés, passifs et inactifs parce qu’ils ont peur de bouger et peur d’avoir mal. Ils voient souvent apparaître d’autres problèmes de santé beaucoup plus graves, comme de l’hypertension artérielle, du diabète, de l’obésité. etc.

La douleur en veilleuse

Rolland, lui, a décidé de mettre la douleur en veilleuse, de l’accepter et de continuer à avancer. Il faut quand même faire attention, car certaines conditions physiques demandent un arrêt des activités pour laisser guérir les structures atteintes. Il ne faut pas généraliser et chaque cas mérite une évaluation personnalisée. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un Rolland!

Il n’en demeure pas moins que la majorité des études scientifiques sérieuses démontrent depuis plusieurs décennies que nous sommes condamnés à bouger pour notre mieux-être. Investissez dans votre santé, faites-le pour vous et bougez de toutes les manières. Vous trouverez ça dur au début, mais vous allez voir qu’avec un peu de persévérance, les bénéfices seront indéniables.