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De nombreux organismes font payer le panier de Noël

Une pratique interdite à Montréal, mais courante dans les banlieues

Paniers
Photo Le Journal de Montréal, Karine Limoges Des bénévoles s’activent à Repentigny pour la préparation des paniers de Noël qui seront distribués le lendemain.

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Il n’y a pas qu’à Longueuil où les organismes demandent aux plus démunis de payer pour recevoir un panier de Noël. La pratique est répandue en banlieue, alors que des banques alimentaires l’interdisent à Montréal.

Cette semaine, les pratiques de l’organisme l’Entraide Chez Nous de Longueuil, qui met un tarif de 2 $ par enfant et 5 $ par adulte sur ses paniers de Noël, ont fait sursauter plusieurs acteurs du milieu communautaire.

Or, c’est loin d’être un cas unique. Le Journal a recensé deux autres organisations qui sollicitent de l’argent en échange d’un panier de Noël.

L’organisme Fin à la faim de Repentigny, qui demandait une contribution de 5 $ depuis 20 ans, a augmenté cette année le coût du panier de Noël à 7 $.

«Nous avons dû augmenter tellement ç’a coûté cher en achat de denrées», explique Colette Doré Thibault, directrice générale de l’organisme, dont le panier équivaut à une épicerie de 300 à 400 $.

La directrice de Fin à la faim assure que ce sont les bénéficiaires qui ont demandé à payer leur part il y a plusieurs années.

Plus reconnaissants

<b>Colette Doré Thibault</b><br />
Directrice de Fin à la faim
Photo Le Journal de Montréal, Karine Limoges
Colette Doré Thibault
Directrice de Fin à la faim

Les cinq premières années, l’organisme donnait ses paniers de Noël aux gens défavorisés.

«On a remarqué qu’ils appréciaient moins et étaient plus exigeants. Mais s’ils ne peuvent vraiment pas payer, nous sommes compréhensifs», nuance Mme Doré Thibault.

À Terrebonne, les Œuvres de Galilée demandent aussi un coup de pouce de 5 $ aux démunis qu’ils aident.

«Si la personne ne peut pas payer, on demande à une famille de la communauté de parrainer le panier de cette personne et d’aller le lui porter», souligne Marie-Ève Plante, coordonnatrice.

Dignité

Selon ces organismes, ce coût symbolique est une question de dignité et de respect de la personne en situation de pauvreté.

«De cette façon, ils n’ont pas l’impression de quémander et c’est bon pour leur estime», mentionne Mme Plante.

Jean-Marc Fontan, professeur en sociologie à l’UQAM, n’en est pas convaincu. «Normalement, il n’y a pas de coût. Je ne suis pas certain que quelqu’un puisse acquérir de la dignité en payant de 5 $ à 7 $. S’ils payent, ils vont se priver d’autres choses. L’exercice de marchander le fait d’être pauvre est embêtant, et même dérangeant», juge-t-il.

Interdit à Montréal

À Montréal, la pratique est interdite par la Société Saint-Vincent de Paul et Moisson Montréal.

«Les personnes qui viennent nous voir sont à l’étape avant l’itinérance, ils n’ont pas les moyens de payer même un petit montant pour obtenir un panier», réagit Marie-Ève Allaire, coordonnatrice à la Saint-Vincent de Paul.

 

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