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Une étape à la fois

Les joueuses de l’équipe nationale ne veulent pas penser aux Jeux olympiques

SPO-MAGALI HARVEY
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Magali Harvey, que l’on voit sur la photo en compagnie de Patrice Bernier, a initié des journalistes et athlètes ­d’autres sports au rugby, mercredi.

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Le décompte est amorcé avant le début des Jeux olympiques de Rio de Janeiro. Même si le grand moment approche, Magali Harvey et ses coéquipières de l’équipe nationale de rugby préfèrent se concentrer sur leur préparation avant de penser à ramener l’or au pays, en août prochain.

L’équipe canadienne de rugby a démontré qu’elle faisait partie des puissances mondiales lors des derniers Jeux panaméricains, tenus à Toronto cet été.

Elle a remporté l’or grâce à une victoire écrasante de 55 à 7 face aux États-Unis en finale. Dans les rencontres préliminaires, le Canada a aussi signé quatre victoires par jeu blanc pour amorcer le tournoi, marquant pendant ce temps 196 points.

Malgré tout, Harvey affirme que les joueuses ne pensent pas à l’or olympique.

«On essaie de se concentrer sur le processus, parce que, trop souvent, si on se répète “médaille d’or, médaille d’or”, ça nous joue trop dans la tête. Alors maintenant, notre état d’esprit est plutôt de se dire “si tout le monde fait son travail à 100 %, qu’on y va à fond, sans se préoccuper des autres, comment est-ce que ça pourrait mal aller?”» a indiqué Harvey.

Ce processus, c’est l’entraînement six jours sur sept, qui reprendra le 28 décembre en Colombie-Britannique, suivi d’un séjour à San Diego pour y affronter les Américaines et des séries – des mini tournois – au Brésil, aux États-Unis, au Canada et en France.

«Chaque série est importante et on les prend un match à la fois, alors on ne pense pas aux Jeux», a poursuivi la joueuse étoile.

Intérêt en hausse

Le rugby est un sport peu connu du public, mais les récents succès de Harvey sur la scène internationale ont contribué à faire en sorte qu’il ait un peu plus de visibilité au pays.

«L’intérêt va en grandissant, mais en même temps, on n’en entend pas beaucoup parler puisqu’on est vraiment isolées sur la petite île de Victoria. On est surprises quand on arrive à des cliniques où les filles sont tripantes et veulent s’entraîner, comprendre et jouer au rugby. C’est vraiment cool de voir ça», a-t-elle dit.

Un peu de temps en famille

D’ici à ce que Harvey retourne à l’autre bout du pays, elle profite d’un rare passage au Québec pour voir sa «grosse» famille.

«Ça fait du bien! J’ai deux frères et trois sœurs, alors c’est le fun de les voir, mais on se tanne vite! C’est relaxant d’être à la maison, mais mes deux petits frères sont un peu hyperactifs!» a-t-elle dit en riant.

Deux de ses sœurs, Anne-Laurence et Élizabeth, suivent d’ailleurs ses traces au rugby, puisqu’elles ont été recrutées par le American International College, où elles étudient.

 

Rugby 101

Magali Harvey a profité de son passage à Montréal pour enseigner les bases du rugby à quelques journalistes sportifs – dont l’auteure de ces lignes – et aux athlètes professionnels Patrice Bernier (Impact) et John Bowman (Alouettes).

Si ses élèves étaient tous des débutants et n’avaient à peu près jamais tenu un ballon de rugby entre leurs mains, les résultats ont été plutôt étonnants.

«Honnêtement, vous étiez bien meilleurs que ce à quoi je m’attendais!» a-t-elle lancé.

Bowman a trimé dur

Le rugby est un sport assez complet. Il demande de la précision, de la force physique et du cardio. Bowman, ailier défensif des Moineaux, était même un peu surpris de travailler autant.

«J’ai couru beaucoup. Beaucoup plus que je l’aurais cru en décembre, en fait! C’était beaucoup plus difficile que je pensais», a-t-il admis.

Mais il a aussi mis ça sur le compte de... sa saison morte.

«Je reviens de vacances, alors j’ai peut-être cinq ou 10 livres en trop! Mais je viens de brûler quelques calories, alors je pourrai me permettre un peu plus de patates sucrées dans le temps des fêtes», a-t-il blagué.

Et comment évalue-t-il sa performance sur le terrain?

«Je n’ai aucun potentiel! Mais on a eu beaucoup de plaisir. On voit le rugby à la télévision et on croit qu’il s’agit juste de courir, courir, passer, tomber, plaquer. Mais c’est beaucoup plus technique que ça», a-t-il indiqué.

Contre nature

Pour Bernier, ce sport est assez contre nature.

«C’était intéressant de voir la stratégie. Ce sont des techniques auxquelles je ne suis pas habitué. Au soccer, on va vers l’avant et eux font des passes vers l’arrière. De plus, moi, j’opère avec mes pieds! Ce n’est pas légal d’utiliser les mains dans mon sport!»