/news/politics
Navigation

Trois fois plus d’argent que prévu

Québec consent finalement une hausse salariale de près de 10 % sur cinq ans à ses employés

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s’est félicité de ce dénouement à une semaine de Noël.
Photo Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s’est félicité de ce dénouement à une semaine de Noël.

Coup d'oeil sur cet article

Après une longue année de pourparlers, le gouvernement Couillard a consenti trois fois plus que ce qu'il avait mis sur la table l'an dernier. L'entente de principe conclue jeudi avec le front commun syndical des employés de l'État inclut des augmentations salariales frôlant 10 % sur cinq ans.

L'an dernier, le gouvernement offrait 3 % et un gel des salaires durant deux ans. Quant à la retraite à 62 ans, elle sera toujours possible à 60.

«Le travail a été fructueux. Nous sommes en mesure d'annoncer une entente de principe que nous allons recommander à nos instances», a déclaré jeudi la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, à la sortie d'un marathon de 13 heures de négociations.

Les chefs syndicaux faisant partie du front commun n'ont pas livré l'ombre d'un détail de l'entente. Ils comptent en soumettre le contenu à leurs instances, chose qui sera faite vendredi.

Le Journal a toutefois appris de sources diverses que Québec avait bonifié sa dernière proposition salariale de 6,4 % à 9,1 %. Le gouvernement a accepté de verser une augmentation forfaitaire de 1 % en 2015, des augmentations paramétriques de 1,5 % en 2016, de 1,75 % en 2017 et de 2 % en 2018 ainsi qu'autre forfaire de 0,5 % en 2019.

En additionnant la majoration de 2,4 % offerte au titre de la relativité salariale, les employés syndiqués obtiennent une augmentation totale de 9,15 %. Sauf que la relativité salariale ne sera pas répartie également entre tous les employés. Certains auront des hausses pouvant avoisiner 5 %, d'autres n'auront rien.

Les employés avaient obtenu une augmentation de 1 % le 31 mars 2015, en vertu de la convention collective négociée en 2010.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s’est félicité de ce dénouement à une semaine de Noël.
Photo Journal de Québec, Jean-François Desgagnés

Du lest sur le régime de retraite

Les syndicats ont jeté du lest sur le régime de retraite. Les employés pourront la prendre, sans pénalité, à l'âge de 61 ans ou entre 60 et 61 ans à condition d'avoir le facteur 90 (obtenu par l'addition de l'âge et du nombre d'années de service).

Cette entente touche les 541 000 employés syndiqués du gouvernement. Les médecins et les employés-cadres en profiteront aussi en vertu d'une clause remorque.

Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux s'est félicité de ce dénouement à une semaine de Noël. «C'est une entente qui s'inscrit dans un contexte budgétaire difficile; globalement, on a fait des choses très positives et qui respectent le cadre budgétaire», a déclaré M. Coiteux. Les syndicats semblent avoir atteint leur objectif de mettre un terme à l'appauvrissement des employés et d'amorcer un rattrapage salarial.

D’autres négos à venir

Cette entente vient clore la négociation à la table centrale. Le gouvernement doit poursuivre les négociations à 24 tables sectorielles, incluant celles de la Fédération autonome de l'enseignement, du Syndicat des professionnels du gouvernement, de l'Association des professionnels et des techniciens de la santé. Des ententes ont été conclues à 35 tables sectorielles.

Les négos en bref

  • Le gouvernement embauche 541 000 employés syndiqués
  • Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015
  • Leur masse salariale est de 29,7 milliards au 1er avril 2015
  • Les négociations se sont déroulées à une table centrale où il était question des salaires et du régime de retraite touchant tous les employés
  • Il y avait aussi 57 tables sectorielles pour les questions normatives propres aux différents corps d’emploi
  • Le front commun syndical regroupe la CSN, la FTQ, la CSQ, le SFPQ et l’APTS
  • Certains syndicats ne font pas partie du front commun, dont la FIQ, la FAE et le Syndicat des professionnels du gouvernement
  • Les augmentations de 9,1 % pourraient représenter une dépense supplémentaire de l’ordre de 2,7 milliards $ en cinq ans, pour le gouvernement
  • S’ajouteront les coûts liés aux ententes conclues aux tables sectorielles