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Le quart des personnes inaptes ne sont pas visitées

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Le quart des personnes inaptes sous la responsabilité du Curateur public n’ont pas reçu de visite d’un délégué provincial dans la dernière année, en raison de coupes imposées par le gouvernement Couillard.

Plus de 3000 personnes atteintes de déficience intellectuelle, de problèmes de santé mentale ou d’une maladie dégénérative ont été privées en 2014-2015 d’une rencontre dans leur milieu.

Les curateurs délégués s’assurent des soins et des services rendus, et veillent à ce que le patrimoine des personnes inaptes soit géré dans leur intérêt.

Seulement 76 % des personnes inaptes ont été rencontrées, tandis qu’habituellement le nombre de visites se maintient au-dessus de 90 %, selon le rapport annuel de l’organisation.

Aux dires de Pierre Lamarche, directeur général des services aux personnes, entre les mois de janvier et mars 2015, le Curateur public a été contraint de réduire ses frais de déplacement à la suite de coupes de 67 000 $ dans son budget de transport.

Inquiétudes

Le président de l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic, Donald Tremblay, dénonce la situation.

«C’est inquiétant. Jusqu’où les mesures d’austérité vont-elles aller? se questionne-t-il. Elles ont une incidence sur les services aux personnes vulnérables qui ne sont pas en mesure de faire valoir leurs droits.»

Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers, blâme la décision politique d’imposer un budget insuffisant.

Au cabinet de la ministre de la Famille Francine Charbonneau, on dit s’occuper des intérêts et de la sécurité des personnes représentées.

«Toutes les personnes vont continuer d’avoir accès aux soins et services dont elles ont besoin, de façon personnalisée», a déclaré l’attaché de presse Salim Idrissi.

Réorganisation

En cinq ans, la clientèle a augmenté de 12 % et les patrimoines de personnes inaptes ont bondi de 40 %.

Pierre Lamarche tient à garantir les services malgré la hausse du volume de travail et des effectifs fixés à 110 curateurs délégués.

«Nous sommes en train d’organiser l’encadrement des personnes en fonction de leur vulnérabilité», indique-t-il.

Les délégués feront ainsi un bilan téléphonique avec chacun tous les 9 ou 12 mois, à mi-chemin d’une évaluation qui aura lieu tous les 18 mois ou deux ans. M. Lamarche insiste pour dire que les visites annuelles ont été reportées et que ces gens n’ont pas été oubliés.

Il n’a toutefois pas été en mesure de confirmer que toutes les visites décalées avaient eu lieu.