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Il part après des propos controversés

Un chercheur du Centre de prévention de radicalisation a écrit que les Québécois étaient islamophobes

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Photo ACADEMIA UQAM Hicham Tiflati, chercheur associé au Centre de prévention de la radicalisation, est dans la tourmente depuis qu’il a écrit que le Québec était plus islamophobe que le reste du Canada.

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Plongé au cœur d’une controverse, Hicham Tiflati ne nie pas l’existence de l’islamophobie au Québec, mais il croit que ses propos ont été mal interprétés.

«L’islamophobie et l’animosité envers les musulmans existent au Canada, mais elle est particulière au Québec, et inquiétante.»

Ces propos, cosignés par le chercheur du Centre de prévention à la radicalisation menant à la violence, se sont retrouvés dans une lettre ouverte publiée cette semaine dans le Toronto Star.

«J’ai un malaise avec ce qui a été écrit. Je ne généralise pas, mais je ne nie pas le fait que des citoyens posent des actes islamophobes», a-t-il confié au Journal de Montréal.

Pour lui, le titre qu’il n’avait pas vu avant publication comporte des généralités. Il avait cependant lu le texte et donné son accord à la parution.

«L’islamophobie existe ici, comme ailleurs», martèle-t-il. Rectifiant le tir, M. Tiflati ajoute que les jeunes de confession musulmane qu’il a interviewés sentent une appartenance au Québec.

Fin d’embauche

M. Tiflati et le Centre de prévention de la radicalisation ont décidé d’un commun accord de mettre fin à leur collaboration.

«J’ai jugé que le mieux pour moi était de pouvoir participer au débat avec un droit de parole et le droit de faire des fautes, puis de me corriger», ajoute M. Tiflati.

La direction du Centre de la prévention de la radicalisation a pour sa part indiqué que les propos de M. Tiflati étaient exagérés et que c’est pour cette raison que leurs chemins se séparent.

Le Journal a bien tenté hier de joindre le directeur, Herman Deparice-Okomba, sans succès.

«La réussite du Centre est très importante, et d’être associé à une personne semi-controversée comme moi aurait peut-être blessé sa réputation», estime Hicham Tiflati.

L’embauche de Hicham Tiflati faisait déjà controverse quand TVA a appris que le doctorant en sciences des religions avait enseigné dans une école de Montréal, Le Savoir, financée par les Frères musulmans.

Société distincte

Selon Hicham Tiflati, le Québec est une société distincte qui a ses propres manifestations face à l’islamophobie, rappelant le débat autour de la charte des valeurs sur le port de signes religieux.

«Plusieurs recherches démontrent que les sociétés chrétiennes et catholiques sont moins ouvertes, mais cela ne veut pas dire que les islamophobes n’existent pas partout», note-t-il.

Des propos qui dérangent

Le discours de M. Tiflati a fait sursauter la ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil, qui dément que le Québec soit moins ouvert aux différentes cultures que le reste du Canada.

«Ça fait plusieurs années que j’occupe le poste de ministre de l’Immigration, j’ai vu beaucoup de sondages et d’études comparatives. Et ce n’est pas vrai que le Québec est plus intolérant que d’autres sociétés, pas du tout», conclut-elle.

Avec la collaboration de l’Agence QMI

 
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