/news/health
Navigation

Des anti-inflammatoires à base de sirop d’érable

Des chercheurs de l’Université Laval ont cerné dans la sève la molécule du «québécol»

Trois vols de chaudières dans la même érablière
Photo Courtoisie Le professeur et chimiste Normand Voyer et Sébastien Cardinal, doctorant, ont travaillé sur les propriétés anti-inflammatoires du «québécol» contenu dans le sirop d’érable.

Coup d'oeil sur cet article

Un incontournable de notre patrimoine culinaire, le sirop d’érable, recèle des molécules aux vertus anti-inflammatoires qui pourraient déboucher un jour sur de nouveaux médicaments pour traiter les maladies comme l’arthrite.

Des chercheurs de l’Université Laval sont parvenus à identifier les propriétés anti-inflammatoires du «québécol», une molécule qui apparaît durant le processus de fabrication du sirop d’érable. Les réactions chimiques transforment les polyphénols naturellement présents dans la sève d’érable.

«Cette découverte découle d’une collaboration fructueuse entre des chercheurs de la Faculté de médecine dentaire et de la Faculté des sciences et génie. Des études avaient déjà démontré que le sirop d’érable avait des propriétés anti-inflammatoires. On s’est appliqué à montrer les propriétés du québécol pour empêcher les cellules de fabriquer des molécules responsables de l’inflammation», explique le chimiste Normand Voyer, professeur à la Faculté des sciences et génie de l’Université Laval.

L’équipe de M. Voyer a fait appel à l’expertise du professeur Daniel Grenier, de la Faculté de médecine dentaire, qui a mis au point un modèle in vitro permettant de déterminer le potentiel anti-inflammatoire de molécules naturelles.

Gingivites

«Le professeur Grenier est un spécialiste des maladies inflammatoires parodontales. Celles-ci sont causées par des bactéries qui occasionnent les gingivites, d’où l’intérêt d’étudier des substances naturelles, tel le sirop d’érable», souligne le professeur Voyer.

Les chercheurs ont réussi à développer des dérivés du québécol plus puissants, voire plus efficaces, que la molécule originale.

«On est encore très loin de dire qu’on a trouvé un nouveau médicament. Il faudra attendre 10 à 15 ans. Nos travaux ouvrent la porte à de nouvelles catégories d’anti-inflammatoires. Ils pourraient aussi mener à des probiotiques dans le rince-bouche, par exemple, d’ici les 5 à 10 prochaines années», formule M. Voyer.

Pouding chômeur

Malheureusement, la consommation de sirop d’érable n’apporte pas les effets anti-inflammatoires escomptés, car il faudrait absorber une trop grande quantité de sirop.

«Si l’on prend une deuxième portion de pouding chômeur durant les Fêtes, on se sentira un peu moins coupable...», glisse le professeur Voyer.