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«Un meurtre gratuit qui a gâché ma vie»

Le père de Christine Aracil, un touriste français de 82 ans, a été assassiné à Québec l’été dernier

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Christine Aracil et son conjoint cherchent à reprendre leur vie là où ils l’avaient laissée avant le meurtre gratuit du père de la dame. Photo du bas, la victime et sa femme, blessée.
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark
Christine Aracil et son conjoint cherchent à reprendre leur vie là où ils l’avaient laissée avant le meurtre gratuit du père de la dame. Photo du bas, la victime et sa femme, blessée.

Depuis que le touriste français Joachim Aracil a été gratuitement assassiné dans le quartier Saint-Sauveur l’été dernier, la vie de sa fille a été totalement chamboulée par le drame.

«C’est un meurtre gratuit qui a gâché ma vie», a confié Christine Aracil en entrevue au Journal. Le 12 juillet dernier, Christine Aracil laissait ses parents Joachim, 82 ans, et Arlette, 76 ans, au logement emprunté à une amie dans le quartier Saint-Sauveur, après une première journée à visiter Québec. Christine vivait alors, depuis trois ans, avec son mari et ses deux enfants à Sept-Îles. Ses parents étaient en visite au Québec pour la première fois.

Photo d'archives, Le Journal de Québec, Pierre-Oliver Fortin

De retour à l’appartement après quelques courses, Christine apprend avec stupéfaction d’un policier que son père vient d’être assassiné par arme blanche, tandis que sa mère a été gravement touchée à un poumon, au bras droit et à la mâchoire.

«On cherche encore», lance Christine, qui ne comprend toujours pas pourquoi Sylvain Fournier, 41 ans, s’en est pris à ses parents avec un couteau de «boucher».

Sauvage

Assis sur une chaise, Joachim n’a rien pu faire contre l’homme en crise. «Mon papa était déjà atteint, il lui a coupé la carotide et c’était terminé.» Sa conjointe s’est couchée sur la victime espérant qu’ils se protègent mutuellement. Touchée, elle a eu la vie sauve grâce à l’intervention rapide des voisins.

«Quand ils [les ambulanciers] sont arrivés, elle leur a dit: “Ne nous séparez pas, on va mourir tous les deux!”», raconte Christine. Trois opérations d’urgence ont toutefois permis de sauver Arlette. Hypothéquée, la dame de 76 ans est demeurée trois mois au Québec avant d’avoir le droit de reprendre l’avion pour la France.

Déménagement en catastrophe

Au chevet de sa mère, Christine a pris en quelques jours la décision de déménager sa famille de Sept-Îles à Québec. Laissant son emploi, elle s’est retrouvée «aidante naturelle» du jour au lendemain lorsque sa mère a eu son congé de l’hôpital. «Elle est handicapée de tout son bras droit. Quand elle parle, elle a toute la mâchoire qui part vers la droite. Elle a dû se nourrir à la paille pendant plusieurs semaines.»

De plus, la famille qui avait un visa temporaire a jonglé avec certains problèmes d’immigration pendant tous ces mois. «Ma maman est retournée en France, mais moi j’ai encore des problèmes», explique Christine, forte dans l’épreuve.

Si l’IVAC a soutenu la famille, le déménagement et les frais hospitaliers d’environ 5000 $ non remboursés par l’assurance du couple pèsent lourd sur Christine, sans travail depuis l’été. «Ce meurtre-là nous a mis dans la rue.»

Christine se bat donc en même temps pour avoir un emploi, pour que justice soit faite au nom de son père, pour obtenir sa citoyenneté et pour aider sa mère qui peine à garder son équilibre psychologique. «Elle dit, on est venus et on a gâché toute ta vie», répète-t-elle en refusant les conclusions de sa mère.

Malgré cela, la famille ne veut pas retourner en France. «On ne s’est pas battus pour rien! Et on aime votre pays, on a tout quitté en France, autrement on serait reparti avec ma maman», lance Christine, qui souhaite que ses efforts pour trouver du travail ici soient récompensés en 2016.

Photo courtoisie

Joachim Aracil , 82 ans

Touriste français, au Québec pour visiter sa fille

Accusé: Sylvain Fournier, 41 ans

Lieu: Quartier Saint-Sauveur, Québec