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Les climato-sceptiques ou la fosse septique

Bloc Arctique, réchauffement climatique, climat
Photo AFP

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Personne d’indépendant et de sain d’esprit ne peut nier le fait qu’il y a réchauffement climatique et que l’humain en est responsable avec ses émissions de gaz à effet de serre.

Les gouvernements de tous les pays et tous les organismes scientifiques neutres reconnaissent cette évidence objectivement démontrée. Bien sûr, il y a bien, comme dans tous les domaine, des organismes, des animateurs, des universitaires, des scientifiques, des politiciens, des chroniqueurs et des éditorialistes qui, soit inféodés ou carrément financés par le patronat, nient cette malheureuse et dangereuse réalité pour l’avenir de la planète et du monde, afin de satisfaire leurs intérêts égoïstes et ceux de leurs commanditaires.

Le plus rigolo dans tout ça est que bien souvent ces négationnistes ne connaissent absolument rien sur le sujet et n’ont aucune compétence quelle qu’elle soit. Pas grave, ce sont des gens qui ont l’habitude de se prononcer sur tout, et bien plus, d’avoir des certitudes sur tout. Faisant preuve de démagogie et de leur gros bon sens niais, ils peuvent se permettre de contrecarrer et même de ridiculiser les scientifiques indépendants qui nous mettent en garde contre les dangers dévastateurs du réchauffement de la planète. On le sait fort bien, pour ces ignares, environnementalistes, écologistes, socialistes, syndicalistes, humanistes et communistes ne font qu’un. Faut surtout pas empiéter la croissance économique au profit d’une minorité élitiste avec des pacotilles comme l’environnement, les droits humains, la faim, la réduction des inégalités économiques, etc. Pour ces illuminés, «money talks», et c’est tout ce qui importe. Que Dieu soit loué, la dernière défaite des conservateurs nous a débarrassé de Stephen Harper qui était à l’année longue à la chasse aux écologistes et qui nous faisait honte aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Qu’on lui donne ses tableaux de la reine d’Angleterre, qu’il les mette bien en vue dans son salon, son sous-sol, son garage, etc.

Des gens qui ne connaissent rien

Comme je l’ai déjà dit, il y a dans la vie des «smattes» qui sont experts en tout et qui se prononcent avec suffisance sur tout, même s’ils n’ont aucun diplôme ou aucune expérience de travail sur les sujets abordés. Pas grave, ils ont la science infuse. Écoutez, ces quidams vont jusqu’à contredire des organismes et des écologistes reconnus mondialement. Ils préfèrent s’en remettre au jugement et aux conclusions d’individus et d’organisations rattachés et financés par le patronat comme le C.D. Howe Institute, le Conference Board, le Fraser Institute, l’Institut économique de Montréal et des Hautes études commerciales (HEC), la Chaire de gestion du secteur de l’énergie dirigée par le professeur Pierre-Olivier Pineau, l’Institut du Québec et la Chaire de recherche sur la productivité et la prospérité gérée, comme le veulent les souteneurs, par le professeur Robert Gagné, partisan d’une TVQ à 18%, et par l’ex-ministre libéral des finances, Raymond Bachand, devenu depuis administrateur à la Banque Nationale et lobbyiste pour Bombardier. Le chanceux va !

La place aux négationnismes

Mes amis, c’est tellement loufoque qu’il vaut mieux en rire. «Restons prudents. En matière de réchauffement climatique, la vertu s’est lentement substituée à l’analyse et au réalisme économique» que nous disait le professeur de l’ENAP, Pierre Simard dans La Presse du 25 mai 2005. Il y a donc d’un bord les «vertueux» à la pensée magique et, de l’autre, les experts en analyse objective et dans les vraies réalités économiques. Ces derniers sont des visionnaires qu’il ne pas confondre avec les vertueux. Qui sont-ils, d’après vous, ces vertueux ? Monsieur Simard, qui s’y connaît autant en environnement que moi sur la poésie surréaliste française, se permet de ramasser David Suzuki, qu’il appelle le «saint».

Dans La Presse du 31 janvier 2011, il y a le professeur, un autre, de science politique à l’Université de Montréal, Philippe Faucher, qui a affirmé sans rire ce qui suit : «Tartuffe en habit vert. Des spécialistes de l’environnement manipulent l’opinion». Ben voyons donc, tout le monde sait que les «manipulateurs» sont toujours les écologistes, les vrais scientifiques et les groupes communautaires ! Et jamais au grand jamais le patronat et son escadron formé d’élus et d’universitaires envoyé en mission. Faut pas les confondre les missionnaires patronaux envoyés pour annoncer la vérité et énoncer les remèdes nécessaires au peuple avec les autres tordus diaboliques.

Les conservateurs et les républicains, même combat

Au Québec, il y a le très conservateur président de Draco Capital, Adrien Pouliot, qui a parlé d’alarmismes climatiques et des pyromanes écologistes dans son opinion parue dans La Presse du 15 décembre 2010 : «Refroidissement climatique. Les électeurs rejettent le catastrophisme du réchauffement de la planète !». Ben non, elle se refroidit selon les électeurs du genre «lucide». Il fait tellement frette, peut-être qu’Adrien a raison après tout, même s’il est un néophyte en matière climatique.

Comme autre conservateur, il y a l’érudit Maxime Bernier qui «met en doute le réchauffement climatique» (Le Devoir, 16 mars 2010). Voulez-vous bien me dire pourquoi les beaucerons l’élisent tout le temps, comme ils votaient toujours, dans le temps, pour le crédit social de Camil Samson et de Réal Caouette ? Faut surtout pas oublier Stephen : «Harper a déjà qualifié Kyoto de complot socialiste» (Le Devoir, 31 janvier 2007). C’est ben ça, les écologistes et les scientifiques sont bien évidemment d’obédience socialiste, s’ils ne sont pas carrément des communistes.

Aux States : «Trump ne croit pas au changement climatique» (Journal de Montréal, 15 septembre 2015). Il y a aussi Ted Cruz et Marco Rubio, deux autres candidats à l’investiture du Parti républicain : «Changements climatiques. Deux négationnistes à des postes-clés à Washington» (La Presse, 23 janvier 2015). Comment un aussi grand pays et première puissance économique au monde en est-il rendu à avoir de tels politiciens en place ? Vous allez me dire que Stephen Harper c’était pas ben mieux. Vous avez entièrement raison.

Et d’autres fins finauds

Ah oui, il y a le professeur, un autre, en foresterie de l’Université Laval, André Desrochers, qui a pondu, dans La Presse du 26 novembre 2014, cette magnifique perle : «L’année des pseudo-records» et dans le numéro du 6 mars 2015 : «Tirer sur le messager. Pourquoi une recherche serait-elle moins partiale si elle est financée par un groupe environnemental plutôt que par une société pétrolière ?». Très élémentaire mon cher Jo Blo. Les organisations écologistes sont à but non lucratif et n’ont rien, personnellement, à gagner de leur «combat», et ce contrairement aux transnationales milliardaires pour qui prime la recherche permanente du profit et qui, pour en faire, sont prêtes à s’adonner à la collusion, à la corruption, à financer leurs fidèles politiciens et à se payer des universitaires. Viens pas me dire que tu ne sais pas ça André ? Je te savais comique, mais pas tant que ça.

La Presse en déniche un aux Pays-Bas

Voulant nous informer correctement, La Presse nous a reproduit, le 23 septembre 2014, l’opinion de Bjorn Lomborg, auteur de «L’écologiste sceptique» et intitulé : «Un problème, pas une urgence. Le réchauffement climatique est un vrai problème, mais lui donner la première place parmi les priorités mondiales serait un non-sens». Ben oui Bjorn, faut se calmer et respirer par le nez. En la matière, il n’y a pas du tout péril en la demeure. Les vrais problèmes de l’humanité sont la présence et l’existence des écologistes qui prennent les gens en otage et qui leur font des peurs. Mes enfants, continuez de ronronner, de butiner, de gazouiller, car tout va très bien, environnement parlant. La planète se porte à merveille, elle est resplendissante et elle pète le feu. Faut surtout pas effrayer les enfants avec ça, on va leur léguer une planète en santé, une Terre verdoyante et rayonnante.

Et d’autres clairvoyants

Il y a bien aussi l’animateur Éric Duhaime qui nie et qui traite les écologistes de socialistes enverdeurs, et également Jeff Fillion, qui s’est récemment obstiné en ondes sur les changements climatiques avec Steven Guilbeault d’Équiterre et qui a affirmé, que oui, il y a des changements climatiques, mais ce depuis que le monde est monde. Il se questionne : est-ce que l’humain a quelque chose à voir avec ça ? Pour lui, toutes les conclusions de «chercheurs» se valent.

Et oui, au Journal de Montréal, il y a des chroniqueurs qui n’admettent pas le réchauffement climatique, comme Mario Dumont : «Réchauffement refroidi (24 septembre 2013). Ou encore Nathalie Elgrably, qui en avait pratiquement fait une obsession dans ses textes intitulés :

- «Un vrai débat sur le climat».

- «Prévenir ou s’adapter»

- «Encore des propos hérétiques»

- «La Terre se réchauffe, restons calme».

Et pour terminer, l’Institut économique de Montréal (IEDM) a enfin admis, sur le bout des lèvres, les changements climatiques mais, pour résoudre ce problème, en bons jovialistes qu’ils sont, ils proposent de mettre en place «Une approche pragmatique qui permettra de mieux lutter contre les changements climatiques avec détermination, intelligence et rationalité (La Presse, 16 novembre 2015). Décodé, le message téléguidé de l’IEDM revient à dire qu’il ne faut pas instaurer de mesures trop contraignantes qui vont miner la rentabilité des firmes, de leurs dirigeants et de leurs actionnaires. En somme, faut «obliger» les entreprises à adopter des mesures «facultatives», «volontaires», «discrétionnaires» et «confidentielles» mais en étant «rigoureuses», «intelligentes», «rationnelles», «réalistes» et «pragmatiques». Faut tout simplement pas partir en peur et brimer la liberté individuelle des créateurs de richesse.

Kapitch?