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La langue dans l’oubli

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On me permettra, en ce début d’année, alors que l’actualité se fait rare et répétitive, d’aborder un des problèmes les plus insolubles du Québec, celui de la qualité de la langue.

Pourquoi le fait de malmener la langue parlée et écrite ne dérange-t-il plus que des Québécois radoteux comme moi?

Qu’une majorité ne sache pas écrire sans fautes après 12 ans de scolarité est un constat douloureux et inacceptable. Dans le passé, le taux de scolarité était faible, donc cela ne surprenait guère.

Langue malade

Aujourd’hui nous sommes à même de constater que nombre de ceux qui passent leur temps à écrire dans les médias sociaux ne maîtrisent ni l’orthographe ni la syntaxe et n’utilisent ni correcteurs ni dictionnaire.

Écrire sans fautes n’est pas inné. Écrire comme on parle est une catastrophe pour tous ceux qui n’ont pas la maîtrise des mots et de la grammaire. Au Québec, la langue permet d’évaluer la culture d’une personne, sa capa­cité à exprimer clairement sa pensée et à comprendre sans trop de difficultés ce qui se dit et s’écrit.

Une richesse naturelle?

Il est faux de prétendre qu’au Québec la langue est une richesse naturelle à protéger. Révolu le temps où, au ministère de l’Éducation, on se préoccupait d’organiser des campagnes sur la qualité du français.

Or, nous n’avons que la langue pour nous affirmer, revendiquer des droits collectifs et enraciner notre identité francophone.

Hélas, il est à prévoir que cette chronique provoquera des commentaires du genre «Cé quoi l’problème, on me comprend?» ou encore «Je m’en cal... des fotes d’ortographe, l’important, cé de s’exprimer».

Notre pauvreté langagière nous empêche, au contraire, de décoder le monde et ses complexités actuelles. On ne se vante pas d’ignorer les choses sans révéler de soi-même une impuissance à accéder à la connaissance. La fierté québécoise a besoin de s’appuyer sur une langue belle, forte et riche. Un vrai défi!