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Charlie Hebdo dérange toujours

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Alors, qu’avez-vous pensé de la une de Charlie Hebdo? Sur ce numéro spécial tiré à un million d’exemplaires, on voit un Dieu à barbe blanche fuyant avec une arme automatique accrochée dans le dos. Et le texte dit: «1 an après, l’assassin court toujours».

J’adore! La bande de Charlie se moque, de façon bête et méchante, de toutes les religions et de tous les Dieux.

On ne s’attendait quand même pas à ce qu’ils nous fassent un petit dessin gentil, rassembleur et consensuel, qui ne fasse de peine à personne! On parle ici de dessinateurs grinçants, au crayon trempé dans le vinaigre, pas de Bisounours.

JE SUIS TOUJOURS CHARLIE

Dans son éditorial, le dessinateur Riss dénonce non seulement «les fanatiques religieux abrutis par le Coran», mais aussi les «culs-bénits venus d’autres religions».

Bien sûr, à cause de ce numéro spécial, Charlie Hebdo a été dénoncé par les religieux, autant catholiques que musulmans. Un politicien français a même déclaré: «Je ne suis plus Charlie.»

Pourtant, les artisans de Charlie Hebdo continuent de faire ce qu’ils ont toujours fait: ils tirent sur tout ce qui bouge (excusez la mauvaise blague).

J’aime mille fois plus les fouteurs de merde de Charlie Hebdo que les sourds et aveugles du Bye bye 2015.

Il faut le faire: ils ont trouvé le moyen de nous faire une revue de l’année 2015 (qui a été marquée par les djihadistes et les attentats terroristes islamistes) sans jamais mentionner les mots: djihad, djihadiste, terroriste, islamiste ou attentat.

Rendu là, ce n’est plus juste un choix créatif. C’est de l’aveuglement.

En 2015, il y a eu les morts de Charlie Hebdo, les morts de l’Hyper Cacher, les morts de la station balnéaire de Tunisie, les morts de San Bernardino, les morts de Beyrouth, les morts du Bataclan, les morts des terrasses parisiennes, les morts du Stade de France, etc.

Et tout ce qui en a été dit au Bye bye, c’est Patrice Michaud qui glisse sur un air de guitare: «Oui il y a eu Charlie et l’assaut sur Paris» et Patrice L’Écuyer qui a lancé: «L’année 2015 n’a pas été une année facile. On n’a qu’à penser à tout ce qui s’est passé à travers le monde.»

Et c’est tout? Pas un sketch, pas une grosse farce pour ridiculiser les terroristes?

Vous me direz que le Bye bye était concentré sur ce qui se passait au Québec. Alors pourquoi pas un mot sur les nombreux jeunes Québécois partis en Syrie faire le djihad et sur les imams qui ont des liens avec eux?

Pourquoi rire des islamophobes, mais pas des islamistes?

On fesse sur Denis Lévesque parce qu’il sort un disque, mais pas sur les frères Kouachi qui ont sorti... une Kalachnikov?

QUELLE LIBERTÉ ?

Demain (7 janvier), cela fera un an que les attentats de Charlie Hebdo ont eu lieu. Pour moi, l’esprit Charlie se résume dans cette citation de George Orwell: «Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre».

Une phrase à méditer pour les scripteurs du Bye bye de 2016...