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Stéphane Gobeil envoie le bon signal

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L'un des derniers billets de mon ex-collègue du blogue des « spin doctors » (qui a pris une pause avant d'être relancé plus tard en janvier 2016) était beaucoup plus lourd de sens qu'on l'avait d'abord compris. Devant la perspective d'un monopole libéral, cette « possibilité bien réelle que le Québec soit gouverné par le Parti libéral pour une très longue période de temps », Stéphane Gobeil a posé un geste conséquent: il a joint la formation politique « capable de rassembler une majorité ».

Le geste n'est pas banal et Michel Hébert le raconte bien, dans son style habituel.

Plusieurs chroniqueurs et observateurs de la politique québécoise ont noté à raison que le geste survient au moment où on commence à se poser des questions sur ce qui se passe au Parti québécois.

Le journaliste Daniel Leblanc l'a résumé à sa façon dans moins de 140 caractères...

Mais avant lui au Maclean's dans un article qui est plutôt passé inaperçu (c'est écrit en anglais et la publication s'est faite un 1er janvier), Martin Patriquin avait rapporté que Martine Ouellet faisait aussi parti des gens influents au PQ qui se posent des questions.

Peu importe l'ampleur des tensions, la balle est dans le camp de Pierre Karl Péladeau sur ce sujet et l'hiver 2016 nous en dira plus long.

L'arrivée à la CAQ d'un conseiller économique de la trempe de celui qui a travaillé de très près avec plusieurs leaders souverainistes à Québec et à Ottawa vient aussi mettre de la pression sur François Legault.

C'est un bon signal.

Au moment où Nathalie Normandeau (et Raymond Bachand à sa façon, avant elle) vient affirmer que le PLQ « n'est plus le parti de l'économie », le message de l'arrivée de Stéphane Gobeil dans l'équipe de François Legault vient ajouter de l'eau au moulin de ceux qui prétendent que l'année 2016 sera déterminante dans l'identité de la Coalition avenir Québec.

Le parti fondé par François Legault doit occuper dans l'esprit des électeurs la place d'un gouvernement en attente.

J'ai bien aimé l'analyse du collègue Vincent Geloso du blogue Libre Échange qui attire notre attention sur le fait que l'intérêt du parti dirigé par Philippe Couillard est bien davantage de garder la question nationale comme enjeu principal de l'élection de 2018 plutôt que l'économie: « tant que la "menace" péquiste existe, la colle qui unit les libéraux semble tenir. »

Le Parti libéral est en effet bien davantage « le parti de la question nationale » que celui de l'économie.

L'année politique 2016 commence sur une note qu'on n'avait pas vu venir. Elle sera peut-être plus excitante qu'on ne l'avait prévu.

C'est un autre signal que l'arrivée de Stéphane Gobeil à la CAQ envoie aux observateurs politiques: le mouvement des plaques politico-tectoniques n'est pas terminé !