/opinion/columnists
Navigation

Think big, amen!

Coup d'oeil sur cet article

2015 s’est terminée par une grand-messe... républicaine, à Hilton Head Island, en Caroline du Sud.

Dans ce village de vacanciers, le va-et-vient des policiers jurait.

Trump réussit à parler simplement et à atteindre les cordes sensibles

Donald Trump débarquait pour y tenir son dernier jamboree de l’année.

Les quelque 3000 billets gratuits avaient tous trouvé preneurs depuis longtemps, mais, d’un revendeur, j’en dégote une paire pour 60 $.

Dehors, on court pour faire la file... qui fait déjà le tour de l’hôtel! Et les autocars ne cessent de débarquer familles, femmes habillées en yoga avec des bébés, ados et anciens combattants et grands-mamans avec des tricots et pendentifs du drapeau américain.

Tous debout, on attend, pendant des heures, au soleil, sagement, patiemment. Même rendus à l’intérieur, cordés comme des sardines, pas de chaises pour les aînés, les partisans vivent leur attente de Trump avec calme.

L’effet Trump

En première partie du show, un prédicateur noir vient nous bénir en demandant même à Jésus, en prière, de «les empêcher de mettre le grappin sur nos fusils»!

AMEN! crie la foule.

On est carrément ailleurs.

L’entrée de Trump provoque un soulèvement. Sur l’air de We’re Not Gonna Take It, la chevelure dorée louche hypnotise l’assemblée acquise d’avance.

Le candidat alpha ne porte pas un message, il est LE message. Simple, brutal et... drôle.

Pendant les 10 premières minutes, il se gargarise exagérément avec les derniers sondages confirmant sa domination: «I am too good!» pour ensuite sortir les uppercuts, exprimant un rejet des élites avec un doigt d’honneur au système et une promesse de table rase, avec «des victoires à la tonne».

Les politiciens? Sont si stupides!

Et les médias? Dès qu’ils prononcent leurs noms, mes voisins de foule se retournent vers la tribune des caméras pour leur faire des doigts d’honneur!

It’s War !

En dehors de Trump, point de salut.

«C’est une guerre», dira-t-il. Et la seule défense pour lui, c’est l’attaque! Contre ses concurrents républicains, mais surtout contre Hillary et Bill Clinton.

Les insultes semblent quasiment thérapeutiques autour de moi.

Mais l’effet Trump est plus profond. Après deux mandats décevants d’Obama et une droite écartelée qui se cherche, le businessman milliardaire amène une réponse savamment ficelée au cynisme en promettant victoires et succès en cascade.

Il est clinquant, rustre, une mégastar à la fois antistar authentique et, oui, charmeur et charmant.

Malgré sa richesse, le magnat réussit à parler simplement et à atteindre les cordes sensibles tout en riant de ses propres travers. Ce matin-là, il raconta qu’il utilise tellement de fixatif qu’il en minait l’environnement!

Erroné serait de dépeindre le phénomène du «toupée» comme simplement vide et grossier.

La vague de fond est une soif de vrai et de fierté. Et si Trump pouvait vraiment réaliser son slogan: «Make America great again»?

Populisme? Sûrement.

Mais en ce début d’élection présidentielle, si c’était si facile à comprendre et à maîtriser, ses adversaires ne seraient pas encore si englués et si confondus.


♦ Que pensez-vous de la campagne de Donald Trump?