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David Bowie a assuré la mise en scène de sa propre mort

«Sa mort est égale à sa vie: une œuvre d’art» — son producteur et confident Tony Visconti

Hommage à Bowie à Londres.
AFP Hommage à Bowie à Londres.

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Quelques heures après l’annonce, le «hasard» entre la parution de Blackstar, le 25e album de David Bowie, et la mort de l’artiste deux jours plus tard s’estompe.

Après tout, comme le Telegraph le fait valoir, le plus récent tube de Bowie – Lazarus – s’ouvre avec la strophe suivante: «Regardez là haut. Je suis au paradis!» («Look up here, I'm in Heaven!»).

Dans le vidéoclip accompagnant la chanson, on peut voir un David Bowie alité sur un grabat d’hôpital, s’élevant aux cieux. Dévoilé il y a quatre jours à peine, le court-métrage prend maintenant tout son sens.

Quelques heures après l’annonce du décès du chanteur culte, son producteur et confident Tony Visconti racontait les coulisses de l’enregistrement de Blackstar sur Facebook.

«Il a toujours fait ce qu’il voulait faire», lance-t-il avant de poursuivre. «Il voulait faire ceci à sa façon. Il voulait faire ceci de la meilleure manière possible. Sa mort est égale à sa vie: une œuvre d’art.»

Bien que Bowie ait toujours eu une plume sombre, les paroles de Blackstar seraient le testament de l’artiste selon le critique britannique Tim Jonze.

Sur la pièce I Can’t Give Everything Away, Bowie lance «Je sais qu’il y a quelque chose qui cloche. Les cœurs sombres. Les nouvelles en fleurs. Les cranes sur mes souliers. Je ne peux pas tout vous dire» [traduction libre].

Lazarus, elle, se conclut avec les paroles suivantes: «Oh, je serai libre. Comme le merle bleu. Oh, je serai libre. C’est tout comme moi!» [traduction libre]

Visconti confirme aujourd'hui ces interprétations.

«Il a fait Blackstar pour nous. C’est son cadeau de départ. Ça fait une année que je connaissais le dénouement, mais je n’étais pas encore prêt.»

Enregistré dans le plus grand secret, Blackstar n'a été annoncé qu’en octobre dernier. On révèle aujourd’hui que Bowie souffrait d’un cancer depuis 18 mois.

Le combat de Bowie était un secret farouchement gardé

Plusieurs de ses amis de longue date – dont Brian Eno– ignoraient tout du cancer de l’artiste.

En entrevue avec le Telegraph, le musicien confie que «depuis quelques années, il habitait New York et je demeurais à Londres. On gardait le contact à l’aide de courriels qu’on signait toujours avec des surnoms drôles comme “Monsieur Showbizz” et “Le Duc de l’oreille”. Il y a une semaine, il m’a envoyé un courriel toujours aussi comique, mais qui se terminait par “Merci pour tous nos bons moments, Brian. Ceux-ci ne vont jamais pourrir.” Je viens de réaliser qu’il me disait au revoir».