/misc
Navigation

«Tout va être correct»

Céline et René sur la terrasse Dufferin en 1996.
Photo d'archives Céline et René sur la terrasse Dufferin en 1996.

Coup d'oeil sur cet article

Une toute petite phrase, si lourde de sens, mais qui, prononcée par lui, témoignait de son engagement, de sa loyauté unique.

Dite tout doucement, de sa voix basse, de son ton calme, elle rassurait quiconque, scellait n’importe quel engagement.

J’ai connu René Angélil en 2004. Céline s’apprêtait à recevoir un Diamond Award pour ses 175 millions d’albums vendus en carrière, un titre détenu chez ses pairs masculins par Elvis Presley, de quoi rendre l’imprésario plus qu’heureux, lui qui vouait une admiration sans borne à Elvis et au colonel Parker.

Je devais aller le rejoindre dans les coulisses du Thomas and Mack Center de Las Vegas et je craignais que la sécurité des World Music Awards ne me mette des bâtons dans les roues.

«Tout va être correct.»

Fier du Québec

Debout au milieu d’un mur de photographes qui se chamaillaient le long du [trop petit] tapis rouge, René Angélil m’avait fait un petit signe de la main pour que j’aille le rejoindre tout au bout. De là, d’un hochement de tête, il faisait plier la moindre barrière de sécurité entre lui et moi.

Ce soir-là, dans la loge de Céline, Michael Douglas a cogné à la porte pour venir saluer le couple. Je m’éclipsais quand René m’a doucement retenu : «Michael; Dany is a reporter from Le Journal de Montréal, in Quebec.» Douglas, qui ne m’aurait jamais jeté un regard autrement, m’a chaleureusement serré la main comme si j’étais le producteur de Titanic. C’était René. Fier du Québec, qui tenait à montrer à l’acteur (qui avait aussi une maison dans les Laurentides) que le Québec n’était jamais très loin d’eux.

Au cours des 10 années qui suivirent, j’ai accompagné Céline et René dans les plus grandes villes d’Amérique, dans les coulisses du Colosseum, d’une tournée, ou d’un lancement d’album. Sur le plateau d’Oprah Winfrey, à Chicago, où les journalistes ne sont pas admis de facto, il tenait à ce que Le Journal soit là pour que les premiers fans de Céline goûtent eux aussi à son succès d’aujourd’hui.

Il faudra probablement des années – des décennies – avant que les Québécois prennent la réelle mesure de ce que René Angélil a accompli pour Céline – évidemment –, mais pour eux, pour la province, sa renommée, et la place qu’elle occupe désormais sur l’échiquier culturel mondial.

Oui, il y a le poker, Las Vegas, le sport, les affaires, mais l’homme, le rusé négociateur, le visionnaire ambitieux, amoureux de son chez lui, aura fait tout en son possible pour faire briller le Québec, et notamment la ville de Québec.

Good Morning America

Le 1er mai 1996, il était aux côtés de Céline, sur la terrasse Dufferin du Vieux-Québec, où l’équipe de Good Morning America s’était installée pour tourner une émission spéciale.

Le mois suivant, elle donnait des spectacles à Jonquière, au Saguenay, et à Québec, faisant une parenthèse dans sa tournée mondiale Falling Into You qui l’a amenée en Australie, au Japon et dans une quinzaine d’autres pays. Sans oublier les spectacles sur les Plaines, mémorables pour Québec.

Les Québécois ont assurément perdu leur meilleur ambassadeur. Merci, René, repose en paix.

Tout va être correct.

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions