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Prof trop sucrée, justice trop salée

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L’histoire est croustillante et a alimenté plusieurs conversations de machine à café et de garage cette semaine.

Une professeure d’éducation physique de 29 ans – Pénélope St-Martin Barrette – aux yeux un brin lubriques et à l’air coquin avait décidé d’honorer oralement l’un de ses étudiants de 17 ans, Tommy (nom fictif).

L’aboutissement d’une cascade de textos torrides, à l’intensité tangible, alimentant fantasmes de part et d’autre. Comme deux cœurs consentants, à la suite d’un coup de foudre.

Manque de jugement de la prof? Totalement! «Mam’zelle Barrette» a perdu la carte et aurait dû se contrôler, afin de protéger la relation prof-élève.

Mais soyons francs: il n’y a pas eu de victimes, pas de violence ni d’intimidation ou de tordage de bras.

Est-ce alors un acte criminel? Un bon juge québécois en a décidé ainsi, et ce, même si Tommy a l’âge de consentement sexuel, maintenant 16 ans au Canada.

Et voilà que l’ex-institutrice s’en va en taule pour 14 jours!

VIVEMENT UN ORDRE PROFESSIONNEL

Le Québec s’est encore une fois déshonoré en accouchant d’une sanction profondément désynchronisée de la réalité.

Ce débordement juridique démontre clairement que la province doit se mettre à la page et se doter d’un Ordre professionnel des enseignants. Comme l’Ontario l’a fait depuis... 1997, à la suite d’une commission royale portant le nom de «Pour l’amour d’apprendre».

À cause de son écart de conduite, la prof aurait été sanctionnée par ses pairs, devant un comité de discipline et aurait pu perdre son droit de pratique, point final!

Comme une certaine Joanne Marie Sylvie Léger-Legault en Ontario.

En septembre 2011, l’enseignante du A.Y Jackson Secondary School était citée à comparaître devant le comité de discipline de son ordre professionnel, accusée d’avoir eu des contacts et même des relations sexuelles avec... quatre élèves sur une période de quatre ans!

La police d’Ottawa avait fait enquête et avait jugé bon de remettre le tout à ce comité plutôt qu’à la Couronne.

Dans sa décision, le Comité n’avait pas mis de gants blancs, estimant que «Mme Léger-Legault a eu une conduite répréhensible qui ne sied pas au statut de membre de la profession. Elle a ainsi perdu le privilège d’être titulaire d’un certificat de qualification et d’inscription et d’être membre de la profession enseignante.»

«Le comité est persuadé que la révocation représente une sanction appropriée en l’espèce.»

AU MINISTRE D’AGIR

Pendant tous ces mois de moyens de pression, nos syndicats de l’enseignement nous ont cassé les oreilles sur leur supposée priorité suprême qu’est l’éducation.

Ne serait-il pas grand temps qu’on élève le niveau et que le milieu le démontre concrètement en se dotant d’un mécanisme d’autorégulation comme un ordre professionnel?

Pour protéger les enfants et les milieux scolaires de la rapace et des incompétents qui y sévissent, en catimini, bien couvés par les conventions collectives.

Mais pour cela, faudrait bien que le ministre Blais fasse montre de leadership et de courage, des valeurs dont il est en carence depuis son élévation au saint des saints.