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Un cri du cœur à Justin Trudeau

La mère d'une des victimes de l'attentat au Burkina Faso demande au premier ministre canadien de combattre les terroristes

Un cri du cœur à Justin Trudeau
Photo AFP

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La mère de Maude Carrier, l’une des victimes de l’attentat terroriste survenu vendredi à Ouagadougou, lance un cri du cœur directement adressé au premier ministre, Justin Trudeau.

«J’aimerais ça que Justin Trudeau, au lieu de condamner seulement avec les mots et sa petite bouche, j’aimerais ça que ses CF-18, ses avions... Qu’il combatte lui aussi. J’ai honte, j’ai honte», a affirmé Camille Carrier sur les ondes du FM 93, lundi matin.

C’est le message que la femme, ex-conjointe d’Yves Carrier et mère de Maude Carrier, deux des six victimes québécoises, a voulu lancer à l’attention du premier ministre canadien, alors que ce dernier prévoit depuis son arrivée au pouvoir l’arrêt des frappes aériennes contre l’État islamique.

«Comme un tsunami»

Très émotive, la voix étranglée par l’émotion, Mme Carrier a réitéré à quel point sa fille, son ancien conjoint ainsi que les autres membres de la famille et les amis qui ont péri étaient des êtres généreux. Ils étaient au Burkina Faso pour participer à des projets humanitaires.

«Ils étaient vraiment partis donner, parce que c’était dans leur nature. [...] On trouve ça révoltant. C’est comme si un tsunami était passé», a expliqué la mère de famille éplorée.

«On était tellement contents de savoir que Maude rentrait. Ses petites filles (de trois et cinq ans) comptaient les dodos pour aller la chercher à l’aéroport... On avait hâte», a-t-elle poursuivi en entrevue à Bouchard en parle, complètement bouleversée.

«C’est comme si tout a été rasé d’un coup sec, et on se demande tous comment on va passer à travers de tout ça, parce qu’il va falloir le faire. C’est tellement surprenant, on ne pense jamais que ça va arriver à nous. On est loin de ça, hein? Mais ça arrive, là.»

Des heures d’angoisse

Mme Carrier a commencé à s’inquiéter vendredi soir, après que l’attentat à l’Hôtel Splendid eut lieu.

Sa fille Maude devait prendre l’avion dans les heures qui suivaient pour rentrer à la maison. Sans nouvelles samedi matin au réveil, le fils de Camille Carrier a communiqué avec une religieuse qui accompagnait la famille là-bas pour tenter d’obtenir des réponses.

C’est cette dernière qui leur a confirmé qu’elle avait bien identifié les corps des membres de la famille à la morgue. Mme Carrier a également reçu la visite d’un policier de la Sûreté du Québec (SQ), samedi en fin de journée, lui annonçant que sa fille, tout comme les autres membres de la famille, n’avait pas survécu à l’attaque sanglante.

Écoutez l'entrevue de Camille Carrier au FM93 ici: