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Les banques alimentaires en manque de légumes

La hausse du prix du panier d’épicerie provoquerait ce creux historique

Jonathan Rodrigue, directeur Développement chez Moisson Montréal, n’a jamais autant manqué de fruits et de légumes.
Photo Joanie Godin Jonathan Rodrigue, directeur Développement chez Moisson Montréal, n’a jamais autant manqué de fruits et de légumes.

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La hausse du coût des fruits et légumes provoquée par la faiblesse du dollar affecte doublement les banques alimentaires. La demande est plus forte, mais les denrées sont plus rares que jamais.

«La hausse de prix fulgurante et inattendue survient à une période de l’année où il y a moins de produits disponibles. C’est donc un creux historique. On vit une crise», se désole le directeur Développement des affaires chez Moisson Montréal, Jonathan Rodrigue.

La section fruits et légumes des entrepôts de l’organisme est en effet presque vide, au moment où les familles qui en ont besoin sont plus nombreuses.

Lors du passage du Journal, il n’y avait à peu près que des caramboles dans les réfrigérateurs de Moisson Montréal.

«Pas de quoi satisfaire la faim d’une famille», souligne M. Rodrigue.

Selon ce dernier, les banques alimentaires sont victimes d’un cercle vicieux.

« La hausse des prix est fulgurante et inattendue. C’est un Creux historique, on vit présentement une crise. » – Jonathan Rodrigue, Moisson Montréal

«On importe moins de fruits et légumes en raison des coûts élevés. Et comme nous récupérons ce qui n’est pas vendu, on n’a presque rien», explique-t-il.

Pour répondre à la demande de ses 146 000 bénéficiaires chaque mois, Moisson Montréal a besoin de 500 000 kg de fruits et légumes.

En janvier, on peinera à atteindre les 100 000 kg, ce qui représente un énorme manque à gagner.

Cri du cœur

Pour ajouter au problème, les fruits et légumes restent plus longtemps dans les centres de distributions des supermarchés avant d’être redirigés vers les banques alimentaires.

Du coup, ils sont moins frais lorsqu’ils arrivent chez Moisson Montréal, signale M. Rodrigue. Tandis qu’habituellement, 10% des aliments sont périmés puis jetés à leur arrivée, actuellement, ce taux est de 40% .

Les banques alimentaires doivent rapidement trouver des solutions, dit-il.

«On lance un cri du cœur en faisant appel à l’entraide du public et des entreprises. On demande à des grossistes, par exemple, s’ils ne peuvent pas nous donner un petit coup de pouce, en nous fournissant gratuitement des denrées ou avec des dons», a indiqué M. Rodrigue.

Dépenses imprévues

Moisson Montréal se tourne également vers les produits congelés ou en conserve pour pallier le manque de fruits et légumes frais disponibles.

L’organisme Partageons l’espoir, qui aide 1300 personnes par mois, dont 400 jeunes, subit aussi les effets du manque de dons.

«Pour la première fois, nous avons dû acheter nous-mêmes des fruits et des légumes pour remplir notre banque alimentaire, puisque les dons ne suffisaient pas. C’est une période très difficile», admet la directrice générale, Fiona Crossling.