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La crise du pétrole sera néfaste pour l'équilibre budgétaire du Québec

Clément Gignac, vice-président principal et économiste en chef pour Industrielle Alliance.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Clément Gignac, vice-président principal et économiste en chef pour Industrielle Alliance.

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La baisse du prix du pétrole engendre des pertes de revenus de 50 G$ au Canada, ce qui équivaut à un manque à gagner de 1500 $ par citoyen, et l’atterrissage s’annonce difficile pour les Québécois qui touchent 9 G$ par année de péréquation.

«Ce n’est pas impossible que la crise s’amplifie et perdure. Je pense qu’on est pris dans ce carcan pour encore six mois, mais la Banque du Canada nous parle de deux à trois ans pour se sortir de ces ajustements qui sont pénibles et douloureux», a dit François Dupuis, économiste en chef pour le Mouvement des caisses Desjardins.

Avec la dégringolade du prix du pétrole, qui a chuté de 76 %, c’est l’ensemble de l’économie qui subit les contrecoups, a-t-il ajouté.

«Ça va prendre beaucoup de temps pour faire une transition vers une économie où il y a moins de ressources et plus de services. Il va falloir être patient. Le meilleur outil pour amortir l’onde de choc, c’est le dollar canadien.»

Depuis quelques trimestres, les producteurs de pétrole et de gaz produisent à perte. Cette situation ne pourrait durer longtemps. Plus tôt que tard, ces entreprises vont diminuer leurs investissements et faire des mises à pied, ajoute M. Dupuis. «Cela aura des répercussions.»

« Au bout de la limite »

Les investissements dans le secteur du pétrole, qui atteignait 80 G$ en 2014 ont fondu de 60 %. Ce signal n’est pas très encourageant pour l’ensemble des entreprises. «On est rendu au bout de la limite. Si vous avez du pétrole de l’Ouest à 12 $ ou 13 $ le baril, ce n’est pas viable à long terme.»

Selon Clément Gignac, vice-président principal et économiste en chef pour Industrielle Alliance, l’effet sur la péréquation devrait se faire sentir dès l’an prochain au Québec.

«On a déjà vu des mécanismes planchers pour éviter une baisse trop abrupte des paiements de péréquation, mais on va sentir un impact indirect sur les finances publiques», a-t-il affirmé.

La crise pétrolière est responsable à 95 % de la dépréciation du dollar canadien qui touche directement le portefeuille des contribuables, poursuit M. Gignac. «C’est une taxe déguisée, car ça vous coûte plus cher pour acheter vos fruits, vos légumes et vos équipements informatiques. C’est une baisse de notre niveau de vie.»

Dans ce contexte, le maintien de l’équilibre budgétaire posera un défi. La période d’austérité pourrait être plus longue que prévu, estime l’ex-ministre.