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La grande déconnexion

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Qui n’a pas été soufflé par la réaction molle du ministre fédéral responsable de notre région, Jean-Yves Duclos, jeudi, à la suite des attentats de Ouagadougou?

Justifier un manque d’empathie par le fait qu’il était en réunion au Nouveau-Brunswick, c’est plus que de se tirer dans le pied. Cette dureté de cœur pourrait lui rester collée longtemps. Ce n’est pas juste à Lac-Beauport qu’on va s’en souvenir...

Ça m’a frappé en plein front cette semaine, cette déconnexion des politiciens d’avec le réel.

D’avec nos vies ordinaires à nous, nos drames, nos peines.

LE TRUDEAU SHOW

Prenez Justin Trudeau, par exemple, l’homme qui déclenche un selfie stick plus vite que son ombre, ainsi que son épouse en manque d’attention qui nous impose son lyrisme à tue-tête.

Franchement, on dirait qu’ils sont encore sur les vapeurs de leur party de victoire!

Ils ont été propulsés au 24, Sussex à cause de quoi au fond? De la «beigitude» usée de Harper, mais surtout de la débandade de Mulcair, l’équivalent du gars qui a déboulé les escaliers avec les sacs d’épicerie dans les bras.

Trudeau, c’est un louveteau hyperactif au bonheur niais du collectionneur de figurines et au savoir-vivre d’un enfant roi.

Même Fareed Zakaria, un reporter-animateur centre-gauche BCBG de la haute gomme médiatique new-yorkaise, a carrément demandé jeudi à Trudeau comment avait-il pu être élu, avec un tel programme promettant des déficits à répétition et une complaisance envers les terroristes!

PKP ET SON CIRQUE

Mais Trudeau n’a pas le monopole de la déconnexion, loin de là.

De l’autre côté, il y a PKP.

Imprévisible autant que sanguin, le richissime tente encore de justifier vouloir investir une partie de sa fortune dans un Institut de recherche bidon qui fera des... «recherches» sur la souveraineté, mais pas tout à fait comme on fait des recherches sur le cancer ou sur la présence d’eau sur Mars.

Des recherches écrites à l’envers, avec la conclusion écrite en premier.

Le PQ évolue comme dans un monde parallèle actuellement, dans une sorte de crise existentielle, en marge de l’actualité du temps présent.

Alors qu’on pleure des victimes d’Al-Qaida dans notre cour, les élites péquistes étaient réfugiées dans un hôtel du Royaume, s’autocongratulant tout en nageant «dans le creux», dans la réalité virtuelle de la politique-fiction.

Et en plus, ce qu’il y a de particulier maintenant avec le PQ de PKP, c’est le recours à l’arme légale dans le combat politique partisan; le recours aux mises en demeure pour intimider les adversaires. Cela relève d’une tactique de gros bras qui est du jamais-vu en politique canadienne.

Un autre exemple patent d’un politicien qui se situe à des galaxies de nos réalités... le panier d’épicerie, l’endettement, la qualité des services publics, l’insécurité grandissante, la perte d’êtres chers dans des attentats terroristes.

Cette semaine, les politiciens ont alimenté encore un peu plus le cynisme à leur égard.

Lorsque ces derniers viendront nous faire des remontrances sur le faible taux de participation à des élections, ils n’auront qu’eux-mêmes à blâmer pour notre désenchantement collectif.