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La veuve

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Drapée dans sa douleur, le visage émacié, Céline a reçu les condoléances du peuple dont elle est issue et qui la nourrit d’amour et d’admiration. Depuis la mort de son mari, ce peuple fait preuve aussi d’une compassion sincère et enveloppante.

Céline Dion appartient à son peuple qu’elle n’a jamais déçu. Sa fidélité ne s’est pas altérée malgré la gloire planétaire, malgré le culte que ses fans lui ont voué. Malgré la distance également.

Seule

Elle est seule. Elle est désormais seule pour la première fois depuis qu’à 12 ans, cet homme est entré dans sa vie. La suite appartient à l’Histoire.

Devant le cercueil, entourée de son fils René Charles et des enfants Angélil, une scène empreinte de dignité, elle assume tout. C’est une femme dont la force impressionne. C’est une femme taillée dans le roc, à la volonté marmoréenne, à la sensibilité ciselée par des bonheurs fulgurants, des douleurs à vif et des angoisses perpétuelles.

Devant le cercueil ouvert, lorsque ses yeux se posaient sur son mari, se superposait sans doute la figure de son frère Daniel, décédé mardi, le premier enfant du clan Dion à disparaître.

Peut-elle prendre appui sur sa mère, elle-même dévastée par ces deux disparitions? Une mère­­ qui, comme toutes les mères, répugne à voir mourir ses enfants avant elle. Ne serait-il pas dans la nature des choses que les parents quittent cette terre de larmes avant les enfants?

Le deuil de chacun

Derrière Céline, les Québécois serrent­­ les rangs. La famille se recompose, le deuil se partage, les souvenirs se recoupent.

À travers Céline, chacun est endeuillé­­, chacun voit défiler sa propre vie. Chacun est renvoyé à son destin.

René Angélil, le chrétien syrien enraciné­­ dans le Québec profond a révélé Céline à la terre entière. Et il nous lègue à tous sa force, son courage et son élévation personnelle.