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Mariage entre ski et tradition dans les Alpes

Mariage entre ski et tradition dans les Alpes
Photo courtoisie Tristan Shu, GMDS

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SAMOËNS, France | Tout skieur aguerri a un jour rêvé de dévaler les pentes au cœur des grandes Alpes françaises. Pour une vue panoramique sur le massif du Mont-Blanc, rendez-vous à Samoëns, un authentique village de Haute-Savoie qui a su garder ses traditions.

«Samoëns, c’est une station discrète qui a gardé toute son originalité. C’est un espace­­ hors du temps», révèle Colette Gérôme­­, adjointe responsable du patrimoine de la municipalité.

Perdu au fond de la vallée du Giffre, entre Chamonix et Genève, le petit village de 2300 âmes (à la capacité d’accueil de 21 000 personnes) ne laisse en effet ­personne indifférent.

Le village de Samoëns, qui compte une population de 2300 habitants, accueille près de 21 000 touristes chaque année, autant en été qu’en hiver.
Photo Le Journal de Montréal, Caroline Pailliez
Le village de Samoëns, qui compte une population de 2300 habitants, accueille près de 21 000 touristes chaque année, autant en été qu’en hiver.

Entre les fermes d’époque et les maisons fortes, on s’y trouve plongé dans l’histoire et la vie locale.

On vagabonde, guidé par les odeurs des spécialités culinaires: d’un côté, le fumet des saucisses savoyardes, appelées «diots», et de l’autre, les épices du vin chaud qui réconfortent les skieurs.

Skier dans les hauteurs

Les amateurs de sensations fortes ne sont pas non plus en reste. «Les gens sont souvent très surpris. Ils viennent voir un petit village et découvrent un immense domaine skiable derrière», explique ­Laura Pernollet, responsable marketing du Grand Massif.

Mariage entre ski et tradition dans les Alpes
Photo courtoisie Tristan Shu, GMDS

Samoëns fait en effet partie d’un ­domaine qui relie quatre autres stations: Morillon, Sixt-Fer-à-Cheval, Les Carroz et Flaine. Avec ses 148 pistes et un dénivelé total de 1800 m, le domaine appelé Le Grand Massif représente la quatrième station de France en importance. Elle ­alimente ainsi les fantasmes de nombreux sportifs, que ce soit pour ses combes à pic ou ses descentes en pleine nature.

Arrivé au sommet, il n’y a plus qu’à ­choisir son trajet: aller sur les pentes abruptes de Samoëns, rejoindre les pistes familiales de Morillon pour se perdre dans la forêt ou retrouver la neige fraîche et les hauteurs de Flaine.

En fin de journée, le Môle sort de la brume. Les résidents du coin l’appellent aussi le Fuji-Yama des Alpes, en raison de sa ressemblance avec le célèbre mont japonais.
Photo Le Journal de Montréal, Caroline Pailliez
En fin de journée, le Môle sort de la brume. Les résidents du coin l’appellent aussi le Fuji-Yama des Alpes, en raison de sa ressemblance avec le célèbre mont japonais.

Enneigement difficile

Premier regard sur les pistes: la neige y était rare cette année à Noël. Seules 44 pistes étaient ouvertes sur les 148 que compte le domaine.

Rien à voir avec la poudreuse que l’on trouve habituellement au mois de février. Les pisteurs ont ­pourtant fait fonctionner les canons à plein régi­me. Ils ont même utilisé des ­hélicoptères pour aller chercher la neige fraîche des sommets. On se console, le Grand Massif était tout de même l’une des seules stations ouvertes de la région.

Et puis, c’est le point culminant: l’arrivée à 2500 m sur les Grandes Platières de Flaine, directement en face du Mont-Blanc. Un panorama à couper le souffle qui incite les nombreux skieurs à sortir les sandwichs et à s’installer sur des ­rochers le temps d’un pique-nique. Idéal pour profiter de la vue.

Les skieurs profitent de la vue du Mont-Blanc en sortant du téléphérique de Flaine, sur les Grandes Platières. Le point culminant de la station se situe à 2500 m d’altitude.
Photo Le Journal de Montréal, Caroline Pailliez
Les skieurs profitent de la vue du Mont-Blanc en sortant du téléphérique de Flaine, sur les Grandes Platières. Le point culminant de la station se situe à 2500 m d’altitude.

Le bourg de Haute-Savoie

Une fois qu’on en a pris plein les yeux, on retourne au village. Curieusement, les habitants de Samoëns ne s’appellent pas Samoënsiens, mais Septimontains. ­Étrange, direz-vous? C’est qu’ils tiennent aux sept montagnes qui les entourent.

«Ils ont récupéré les deux derniers sommets à l’issue d’un procès qui les opposait à une abbaye voisine en 1438», précise Mme Gérôme. Il suffit de lever la tête pour les trouver: le Criou qui domine la vallée de ses 2200 m, Bostan, la Chardonnière, Folly, Fréterolle, Vigny, et Cuidex.

Déjà très actif au Moyen-Âge, le bourg a été le seul village de pierre de la région pendant des siècles. Les marchands s’y retrouvaient sous «la grenette», un marché couvert où l’on pesait les chariots de grains. L’anecdote raconte que le tailleur de pierre qui l’a construit en 1870 devait être nourri chaque jour travaillé. Comme ce ne fut pas le cas, il laissa sur une colonne une pierre à l’état brut (surnommée «verrue» par les villageois), sur laquelle il aurait dû apposer les armoiries du village.

Agriculteurs et tailleurs de pierre

Les tailleurs de pierre de Samoëns ont fait la renommée du village à travers ­toute l’Europe. La Confrérie des quatre couronnés a été créée au milieu du 17e siècle. Elle a changé de nom pour ­devenir la Société des maçons en 1850.

Ces ouvriers étaient en fait des ­agriculteurs qui laissaient les fermes à leurs femmes de mai à novembre pour ­aller ­travailler sur les grands chantiers. «C’était pour eux un moyen de mieux ­gagner leur vie», poursuit l’historienne Colette Gérôme.

Ils ont travaillé en Suisse, en Bavière, et en France. Deux sont même allés jusqu’en Louisiane pour y créer leur propre ­entreprise.

Les Frahans, comme ils s’appellent, ont même inventé leur propre langage, si bien qu’à Samoëns on ne parlait pas le ­savoyard mais le mourné. La lune ­devient ainsi la «chandelieuse», la montre la «crocolieuse», le printemps le «foliaret» et le gel le «crépiotis».

Nos pistes préférées

  • Les Cascades

Une descente de 14 km qui traverse une réserve naturelle jusqu’à Sixt-Fer-à-Cheval

  • La combe de Gers

Hors piste de 800 m de ­dénivelé, idéal pour les très bons skieurs.

  • La Marvel

Une piste verte aménagée pour les enfants qui passe sous les ­sapins en pleine forêt.

Des enfants suivent des cours de ski au sommet des pistes de Samoëns. Ils sont épaulés par une monitrice de l’école du ski français (ESF).
Photo Le Journal de Montréal, Caroline Pailliez
Des enfants suivent des cours de ski au sommet des pistes de Samoëns. Ils sont épaulés par une monitrice de l’école du ski français (ESF).

Les spécialités culinaires

  • La soupe châtrée

Superposition de pain et de tomme de Savoie, arrosée d’un bouillon à l’oignon et gratinée.

  • La fondue

Mélange de beaufort, de gruyère suisse et de comté.

  • Les diots

Saucisses de porc au vin blanc.