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Plan Nord: le discours de Philippe Couillard accueilli avec scepticisme

Dans une allocution prononcée en français puis traduite en italien, le premier ministre Couillard a fait valoir les avantages qu’offre le Québec, notamment avec son Plan Nord et sa Stratégie maritime.
Photo Le Journal de Québec, Marc-André Gagnon Dans une allocution prononcée en français puis traduite en italien, le premier ministre Couillard a fait valoir les avantages qu’offre le Québec, notamment avec son Plan Nord et sa Stratégie maritime.

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MILAN | En raison d’investissements qui tardent à se concrétiser, le discours de Philippe Couillard devant des gens d’affaires italiens à Milan a été accueilli avec une certaine dose de scepticisme à l’égard du Plan Nord.

Devant une quarantaine de représentants d’entreprises membres de la Confindustria Lombardia, sorte de chambre de commerce réunissant les principaux industriels de la région milanaise, le premier ministre a fait valoir, dans une allocution prononcée en français puis traduite en italien, les avantages qu’offre le Québec, notamment avec son Plan Nord et sa Stratégie maritime.

M. Couillard en a profité pour inviter ceux à qui il s’adressait à participer à une mission économique ultérieure au Québec.

Premier à initier ensuite les échanges entre les participants et le premier ministre, Gianni Chiarva, vice-président du conseil de Stella Jones International, a observé que les investissements de 50 G$ prévus au Plan Nord se font toujours attendre.

Son entreprise spécialisée dans les traverses de chemins de fer étant déjà présente au Québec, l’homme d’affaires s’est avoué «très intéressé» par le Plan Nord. Mais même après avoir entendu le premier ministre, M. Chiarva s’est demandé à savoir s’il y avait «un plan clair» et du concret. «Sans le financement, même avec tout l’intérêt que le monde peut avoir envers le Plan Nord, ça va rester un rêve», a-t-il confié aux journalistes, en marge de l'événement.

Un travail de promotion à refaire

«Il faut refaire encore la promotion du Plan Nord», a constaté le premier ministre, en revenant avec les journalistes sur cet échange. M. Couillard a aussitôt blâmé le gouvernement précédent. Sous la gouverne de Pauline Marois, le Plan Nord a subi «un immense recul», a-t-il déploré. «Pour les gens, c’était fini. Je peux vous le dire, ils me l’ont dit partout dans le monde.»

Il faut «repartir la machine, a illustré le chef libéral. [...] C’est toute une entreprise, [...] surtout dans le contexte économique actuel, c’est encore plus exigeant.»

À la demande de M. Couillard, la Société du Plan Nord, que son gouvernement a remis sur pied, s’est empressée d’entrer en contact avec M. Chiarva afin de le rassurer.

Après une journée de mission complétée par des rencontres avec quelques représentants locaux, le premier ministre a finalement remis le cap vers le Québec.

Nouvel investissement à Laval

À défaut d’avoir pu conclure quelque entente que ce soit en Italie, Philippe Couillard ne repart pas les mains complètement vides. Le président de Mecaer Amérique, Alberto Ribolla, qui est aussi président de la Confindustria Lombardia, a confirmé à M. Couillard que son entreprise spécialisée dans les composantes aéronautique procédera ce printemps à un nouvel investissement dans ses installations de Laval. Sans préciser de montant, puisque certains détails ne sont pas encore réglés, le premier ministre a laissé entendre qu’il est question de «plusieurs dizaines de millions» de dollars et de «plusieurs dizaines d’emplois».