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Projet de loi 86: aucun impact sur la réussite, selon un expert

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Contrairement à ce qu'affirme le ministre de l'Éducation, François Blais, la réforme des commissions scolaires prévue dans le projet de loi 86 ne permettra pas aux élèves québécois de mieux réussir, tranche le spécialiste Égide Royer, expert du réseau de l'éducation.

Ce professeur en adaptation scolaire de l'Université Laval fera entendre sa position jeudi devant la commission parlementaire qui étudiera ce projet de loi. Au Québec, un garçon sur trois n'a aucun diplôme après sept ans passés au secondaire, rappelle M. Royer.

«En ce qui concerne l'échec scolaire et la sous-scolarisation des garçons en particulier, on a développé au Québec une tolérance à l'intolérable. Est-ce que ce projet de loi peut nous aider à corriger la situation? Non», affirme-t-il en entrevue avec Le Journal.

Le projet de loi 86 prévoit que les élus des conseils des commissaires, qui dirigent présentement les commissions scolaires, seront remplacés par des conseils scolaires où siégeront des parents et des représentants des directions, des enseignants et de la communauté. Les directions d'école auront aussi davantage d'autonomie par rapport aux commissions scolaires.

Mais ce brassage de structure ne «changera rien» pour un enfant de six ans qui a un retard en lecture ou une adolescente qui a de la difficulté à passer son année scolaire, tranche cet expert.

«La priorité, c'est plutôt de reconnaître que l'éducation est la plus importante mission de l'État et de se doter d'un plan global de réussite basé sur les données probantes de la recherche en éducation. Trop de décisions au Québec sont prises en se basant sur des mythes pédagogiques et des connaissances erronées par des gens qui, malgré leur bonne volonté, ne savent pas qu'ils ne savent pas», lance M. Royer, à propos, entre autres, de la réforme scolaire et du programme d'aide aux devoirs, qui n'ont pas fait leurs preuves.

Plusieurs études ont démontré qu'il est important d'établir des liens entre les services de garde et les écoles afin d'intervenir tôt pour aider les enfants qui présentent des difficultés, pour éviter que les problèmes ne s'aggravent avec les années.

Selon M. Royer, la solution passe aussi par l'obligation de fréquenter l'école de 4 à 18 ans, le rehaussement des exigences pour les enseignants et la possibilité pour tous les élèves en difficulté de fréquenter les écoles privées et les programmes particuliers des écoles publiques, de même que la création d'un Institut national en éducation.

Lors de son passage devant la commission parlementaire, le professeur Égide Royer présentera cinq recommandations:

1. Création d'un Institut national en éducation

Cet institut permettrait d'orienter les choix du ministre de l'Éducation et des écoles concernant les pratiques exemplaires et les données probantes de la recherche. «Il faut cesser d'improviser en éducation», affirme M. Royer.

2. Maternelle obligatoire à 4 ans

En plus de rendre la maternelle obligatoire pour tous les enfants de quatre ans, la Loi sur l'instruction publique devrait être modifiée afin que les commissions scolaires soient obligées d'intervenir très tôt auprès des jeunes enfants en difficulté.«Il est plus facile de construire des enfants forts que de réparer des adultes brisés», lance l'expert.

3. Rehausser les exigences en enseignement

Québec devrait augmenter les exigences sur le plan des études lors de la sélection des étudiants en enseignement, créer un ordre professionnel pour les enseignants et exiger d'eux qu'ils obtiennent un diplôme universitaire de 2e cycle, en plus du baccalauréat.

4. L'école obligatoire jusqu'à 18 ans

Pour qu'un jeune puisse abandonner l'école avant sa majorité, les parents d'un élève devraient en faire la demande au ministre de l'Éducation afin d'obtenir une dérogation.

5. Des écoles privées accessibles aux élèves en difficulté

Les écoles privées et les programmes particuliers offerts dans le réseau public devraient être accessibles à tous les élèves en difficulté, grâce à une modification des modalités de financement et de la Loi sur l'enseignement privé.

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