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Réforme de l’aide sociale: faire un effort ou être coupé, dit Hamad

Lle ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Lle ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad

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Les critiques des partis d’opposition ne font pas reculer Sam Hamad: le gouvernement coupera les chèques des jeunes prestataires d'aide sociale qui refusent de s'intégrer au marché du travail.

«Quand la société investit dans quelqu’un, je pense que la personne doit faire un effort. Et si elle décide de ne pas faire cet effort, ce n’est pas la société qui a décidé de la couper, c’est elle même qui a fait ce choix et subit les conséquences», a lancé le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale mercredi, lors la commission parlementaire sur le projet de loi 70.

Il a d’ailleurs tancé le Collectif contre la pauvreté, qui critique sa réforme qui propose de couper la moitié des prestations d’aide sociale des nouveaux bénéficiaires qui refusent les démarches d’employabilité. Cette formule permettrait au Trésor d’économiser 50 millions $ annuellement.

«Moi, je ne vous comprends pas comment vous pouvez être un collectif pour lutter contre la pauvreté puis accepter qu'on laisse tomber nos jeunes», a affirmé Sam Hamad. Il a souligné que ceux qui choisissent les mesures d’employabilités auront droit à un avantage financier.

Le porte-parole du collectif, Serge Petitclerc, a répliqué : «On sait très bien que couper ne serait-ce que 1 $ dans une prestation insuffisante, c'est déjà intolérable».

Projet de loi «indécent»

De leur côté, le Parti québécois et Québec solidaire ont tiré à boulets rouges sur ce projet de loi «indécent». «C'est un projet de loi qui va créer davantage de pauvreté, qui s'attaque aux plus démunis de notre société, aux pauvres, et qui ne s'attaque malheureusement pas aux préjugés qu'on peut avoir», a déploré le péquiste Dave Turcotte.

Le député de Saint-Jean a accusé le gouvernement d’être prêt à forcer des assistés sociaux à déménager à des centaines de kilomètres de leur domicile pour occuper un emploi. «Le ministre Hamad répète à satiété que les gens de Montréal pourraient aller à Québec pour avoir un emploi. Même les conservateurs n'ont pas été aussi loin que ça dans leur réforme de l'assurance-emploi», a noté M. Turcotte.

La députée solidaire Françoise David a promis de se «battre bec et ongles pour que cette réforme ne voie pas le jour». «C'est indécent! On ne coupe pas de moitié un chèque qui permet à peine de survivre», a affirmé Mme David.

Contrairement aux deux autres partis d’opposition, la Coalition avenir Québec (CAQ) est plutôt favorable au contenu du projet de loi 70. Son porte-parole en matière d’emploi et de solidarité sociale, Sébastien Schneeberger, a toutefois demandé au ministre Sam Hamad de préciser certains éléments. Le député de Drummond-Bois-Francs s’inquiète notamment du suivi des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale qui n’ont pas été diagnostiqués.