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Besoin d’amour

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C’en est quasiment rendu une tradition chez nous: on n’a pas acheté d’effigie et pour la bougie, on a encore passé notre tour.

Mes deux gars ont été déçus par le défilé de Charlesbourg il y a déjà quelques années. Un clown qui jongle avec des mitaines dans les mains, ça n’impressionne plus grand-monde.

Quand mes enfants ont croisé le Bonhomme il y a deux semaines, ils l’ont ignoré.

Sans aucune méchanceté. C’est ça qui fait le plus mal. L’indifférence.

Le Carnaval, c’est l’équivalent du gars qui dit vouloir se mettre pompette en prenant des tasses d’Ovaltine. À l’ère du iPhone, le Carnaval est une dactylo.

Avec un budget de 9 M$ à 30 % de subventions, le Carnaval n’a AUCUNE excuse. Il doit redevenir une thérapie collective, une soupape de soulagement et un défoulement dans le creux de l’hiver, un remontant qui nous donne du pep jusqu’au printemps.

ADN DU FUN

En 2016, l’ADN du fun à Québec, on l’a senti l’hiver dans le Red Bull Crashed Ice (qui a quitté Québec pour peut-être y revenir un jour), l’automne dans les «tailgates» et matchs du Rouge et Or, et en juillet dans le Festival d’été partout en ville.

De la folie, du bruit, du plaisir et, oui, de la boisson! Notre Carnaval, actuellement, est aussi sexy qu’un discours du Trône ou une soirée polka.

Avec le temps, il est devenu une sorte d’ExpoQuébec d’hiver, avec un mandat obsessivement «familial».

Le Carnaval doit s’extirper de sa ceinture de chasteté et prendre un virage similaire à celui emprunté par le Festival d’été de Québec jadis.

Il y a 20 ans, on s’excitait le pompon avec Kevin Parent et «Daran et les chaises» sur la scène principale. Daniel Gélinas a imposé un virage international de renom.

Gélinas n’est pas le Messie, mais il a le mérite d’avoir su administrer du Viagra concentré à un party poussiéreux qui devenait dangereusement paroissial.

ÇA PREND UN BANG

Pour que la fusée du Carnaval décolle, ça prend du kérosène, pour faire un méga bang en ouverture!

Beaucoup de respect pour l’OSQ, mais la mise a été sauvée à cause d’un 2 pour 1 offert par Vidéotron et d’un cri du cœur de J’ai Ma Place.

Ça prend un bang, à l’intérieur ET SURTOUT à l’extérieur, avec des artistes internationaux d’impact, dans une formule unique.

Les Québécois doivent reprendre le contrôle des rues, avec des partys de nuit, des DJ, des «raves», des bars extérieurs ou même un tournoi de hockey sur patinoire extérieure avec estrades sur les Plaines.

Un joyeux bordel son et lumières!

Avec tout le talent qu’on a à Québec, le Carnaval doit redevenir délinquant, brouillon, bruyant, comme un... vrai carnaval, avec, oui, une tolérance pour une consommation raisonnable d’alcool dans un périmètre, avec Grande Allée comme colonne vertébrale.

Le carnaval se bat contre le confort de nos salons, avec nos télés géantes, cinémas maison et consoles de jeux.

En langage olympique, le Carnaval doit être moins «lancer du javelot», plus «XGames». Le Carnaval doit être remis en question. Sa direction doit écouter et saisir nos messages.

Si on prend encore le temps de le critiquer, c’est peut-être parce qu’on l’aime encore.