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Incursion juste dans un univers complexe

Imaginaire et réalité se confondent dans Matéo et la suite du monde, dans ­laquelle on suit le parcours d’un homme atteint du syndrome d’Asperger.
Photo courtoisie, Nicola-Frank Vachon Imaginaire et réalité se confondent dans Matéo et la suite du monde, dans ­laquelle on suit le parcours d’un homme atteint du syndrome d’Asperger.

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Incompréhension, souffrance et impuissance chez les proches des gens atteint par le syndrome d’Asperger, Matéo et la suite du monde est un tableau réaliste, évocateur et fantaisiste sur des univers qui existent et qui sont difficiles à comprendre.

Il y a beaucoup de matière dans cette pièce écrite et mise en scène par Jean-François F. Lessard, présentée jusqu’au 13 février au Théâtre de la Bordée.

Matéo et la suite du monde raconte le parcours de Matéo Lemieux, qui souffre de cette mystérieuse forme d’autisme et qui s’inscrit à un cours de cinéma à l’université.

Incapable de poser une question concernant le documentaire Pour la suite du monde de Michel Brault et Pierre Perreault, Matéo fige et se réfugie dans un monde où imaginaire et réalité s’entremêlent.

La pièce parle d’envahissement, du syndrome d’Asperger et des proches qui ­doivent naviguer et survivre dans une réalité souvent difficile à décoder et avec énormément d’impuissance.

Le sujet peut sembler un peu lourd, mais les touches d’humour sont ­pré­sentes tout au long de cette création qui se déroule dans un superbe décor, constitué de troncs d’arbres et parsemé de beaux effets de projections.

Imaginaire et réalité se confondent dans Matéo et la suite du monde, dans ­laquelle on suit le parcours d’un homme atteint du syndrome d’Asperger.
Photo courtoisie, Nicola-Frank Vachon

Beaux échanges

Les échanges entre Mathieu Bérubé-Lemay (Matéo), Jack Robitaille, qui personnifie un professeur de cinéma plein de cynisme, et son père, sont ­savoureux. Le courant passe entre ce jeune homme qui a des limitations ­fonctionnelles et le vétéran comédien.

C’est à la fin, avec une ­séquence particulièrement puissante, lorsque Matéo retrouve son père, que l’émotion se déploie. On réalise le drame des parents qui tentent, avec beaucoup d’impuissance, d’aider leurs enfants et celui des gens qui souffrent, prisonniers dans un univers complexe et limitatif.

«C’est essoufflant. C’est une ­étourdissante course d’obstacles», ­précise l’homme, qui aurait voulu être un meilleur père pour son fils.

Matéo et la suite du monde est une ­incursion juste dans l’univers complexe des gens qui souffrent d’un trouble envahissant du développement, tel que le syndrome d’Asperger et où certaines références à des éléments frisant la pornographie n’étaient peut-être pas ­nécessaires.