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Facebook pourrait mettre K.O. les taxis et Uber

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Uber et l’industrie du taxi ont beau s’entredéchirer, ils pourraient tous les deux perdre avec l’éventuelle arrivée du géant Facebook sur le marché du covoiturage.

«Avec la force de Facebook, vous tuez potentiellement la concurrence», estime Olivier Germain, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et spécialiste de l’industrie du transport.

C’est que la firme de Mark Zuckerberg a déposé jeudi un brevet concernant une nouvelle fonctionnalité pour son réseau social gratuit, qui rassemble 1,4 milliard d’usagers dans le monde. L’utilisateur pourrait indiquer s’il se rend en voiture à un concert, par exemple, grâce à un bouton sur la page Facebook de l’événement. Il pourrait préciser combien de places sont disponibles dans son véhicule, le trajet emprunté et le prix à payer.

Dès lors, les autres participants pourraient réserver un siège ou indiquer combien ils sont prêts à payer.

Pris à son propre jeu

Déposer un tel brevet ne veut pas dire à coup sûr que Facebook développera cette fonctionnalité. Mais plusieurs experts s’y attendent, ce qui attirerait de nombreux clients d’Uber ou des taxis.

Selon le professeur Olivier Germain, Uber pourrait ainsi être terrassé par le modèle économique qu’il a lui-même popularisé: des prix très bas, permis grâce à une masse de conducteurs anonymes en concurrence, interchangeables et payés selon la loi de l’offre et de la demande.

«Le côté très agressif d’un modèle capitaliste comme Uber peut leur péter à la figure», lâche-t-il.

Impossible de rivaliser

Car si Facebook se lance dans le covoiturage, «c’est Uber à la puissance 2000», prévient l’expert en nouvelles technologies Bruno Gugliel­minetti.

Il rappelle en effet qu’avec 4,8 millions de comptes Facebook au Québec, il est impossible de rivaliser avec le taux de pénétration du marché du réseau social.

«Les gens du taxi et d’Uber ne vont pas prendre ça très bien», résume-t-il.

Et même si, pour l’instant, le brevet se limite aux événements ponctuels, rien n’empêcherait Facebook d’étendre cette fonction à des déplacements quotidiens, ce qui se rapprocherait davantage d’une activité de taxi.

«Si Facebook ne le fait pas, d’autres utilisateurs vont le faire et “détourneront” le service pour faire du transport au quotidien», anticipe l’expert.

 

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