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Baisse de diplômation universitaire : orientation déficiente

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Nous avons le don de nous exciter avec les effets d’une problématique, plutôt que sur les causes qui l’ont fait naître. C’est exactement la pensée que m’a inspirée la nouvelle dramatisée à l’excès sur l’augmentation du décrochage à l’université et la baisse du taux de diplômation.

Certains y ont vu une catastrophe nationale alors que nous y découvrons le laxisme dans l’accompagnement des élèves lors de leur parcours d’étude. Depuis le début du millénaire, le Québec a sérieusement restreint les services d’orientation dans ses écoles secondaires et nous en ressentons aujourd’hui les effets à l’université

Pour des considérations économiques, les conseillers en orientation sont devenus une espèce rare, pour ne pas dire en voie de disparition, dans nos établissements scolaires. On les a remplacés par des formules édulcorées, telles  l’école orientante  ou les Carrefours jeunesse, entrainant ainsi une déprofessionnalisation de la fonction orientation.

Il ne faut pas se surprendre que des jeunes, abandonnés de plus en plus à eux-mêmes dans leur choix de carrière, éprouvent des difficultés à trouver leur voie dans un univers social et professionnel qui se complexifie. J’ai pu en mesurer l’impact dans ma vie professionnelle antérieure alors qu’au-delà de 20% des jeunes enseignants quittaient la profession en moins de 5 ans. C’était sans compter ceux qui avaient mis fin à leur parcours universitaire après plus d’une année.

Les compressions en éducation sont vivement dénoncées ces jours-ci et le gouvernement Couillard laisse entrevoir une volonté d’y réinjecter des sommes importantes. Je ne sais quelle ampleur son réinvestissement prendra, mais il aurait intérêt à l’évaluer à l’aune des impacts négatifs qu’ont entrainé les quêtes d’économie irréfléchies du passé. Les économies à court terme peuvent se transformer en dépenses somptuaires pour le futur. Le décrochage à l’université en est un exemple probant.

Sans en venir au modèle allemand qui détermine dès le  primaire le niveau d’étude qui sera offert à un élève, la conjoncture actuelle convainc assez rapidement que la sensibilisation aux choix de carrière doit se faire dès le primaire et elle nécessite un accompagnement professionnel plus solide au secondaire.

Si le cégep peut constituer une phase d’expérimentation et de consolidation des choix, il supposera donc une connaissance encore plus pointue de soi-même, de nos aptitudes et des connaissances et habiletés requises pour sa vie future. Là aussi, des services professionnels accessibles d’orientation permettraient de réduire les erreurs dans les choix d’études universitaires. Toutefois, les listes d’attente pour ces services rivalisent dangereusement avec celles décriées pour les chirurgies dans le secteur de la santé. On y trouve peut-être là une autre cause d’aggravation du décrochage à l’université.

Le jour où nous gouvernements s’emploieront à agir sur les causes plutôt que de réagir aux effets, la rigueur aura peut-être un sens.