/news/health
Navigation

Inquiètes pour leur bébé, elles veulent être remboursées

Une agence de voyages refuse de leur rendre leur argent, malgré le virus Zika

Ana Paula D’Albuquerque souhaite récupérer les 5000 $ qu’elle a versés pour ses billets d’avion et qui lui seraient bien utiles avec la venue d’un bébé.
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont Ana Paula D’Albuquerque souhaite récupérer les 5000 $ qu’elle a versés pour ses billets d’avion et qui lui seraient bien utiles avec la venue d’un bébé.

Coup d'oeil sur cet article

Des femmes enceintes déplorent que leur agence de voyages refuse de les rembourser après avoir annulé leur séjour au Brésil en raison des risques liés au virus Zika.

«Je ne pouvais pas prendre le risque, mon enfant pourrait être affecté toute sa vie. Mais c’est comme si c’était de ma faute, alors que c’est une question de santé publique», déplore Ana Paula D’Albuquerque.

Celle qui est déjà mère de deux enfants devait rendre visite à sa famille au Brésil durant le temps des Fêtes. Elle ignorait qu’elle était enceinte lorsqu’elle s’est procuré les billets.

Lorsqu’elle a appris sa grossesse à la mi-novembre, elle a tout de suite annulé son voyage, puisque l’Organisation mondiale de la santé avait déjà rapporté depuis la mi-octobre de nombreux cas d’infection au virus Zika au Brésil. De plus, la région où la famille de Mme D’Albuquerque réside est la plus affectée.

Depuis, l’OMS a déclaré une «urgence de santé publique de portée internationale» devant la hausse fulgurante de microcéphalies, une malformation congénitale, chez des enfants nés dans ce pays.

Une dizaine de pays d’Amérique du Sud sont maintenant aussi touchés. Il n’est donc pas recommandé aux femmes enceintes de s’y rendre.

Pas transférable

Depuis ce temps, elle tente par tous les moyens de faire entendre raison à Vacances Sears pour obtenir le remboursement des 5000 $ qu’elle a déboursés pour les billets d’avion de toute sa petite famille.

«Tout ce qu’on peut m’offrir, c’est un crédit-voyage au même prix, pour la même région, valide seulement un an. J’ai même des frais équivalant à un billet d’avion à payer pour l’utiliser. J’accouche au mois de juillet, je n’irai pas au Brésil avec un bébé de trois mois dans un pays à risque», dénonce Mme D’Albuquerque.

Son amie, Thalita De Sousa Santos est dans la même situation. La même compagnie, Voyages Sears, refuse de lui redonner son argent et elle doit utiliser son crédit avant un an.

«Je ne peux même pas le transférer à mes parents pour qu’ils viennent me voir», dénonce-t-elle.

Malheureusement, les deux femmes ont peu de recours, selon l’Office de protection du consommateur.

«Une recommandation du gouvernement de ne pas se rendre dans un pays pour des raisons de sécurité n’a pas pour effet d’accorder un droit d’annulation sans pénalité aux personnes titulaires d’un billet d’avion ou qui se sont procuré des services touristiques», indique le porte-parole Charles Tanguay.

Assurances

Elles peuvent tenter de se faire rembourser par les assurances de leur carte de crédit ou de négocier avec la compagnie pour prolonger le délai d’utilisation du montant.

«Si rien ne fonctionne, il y a toujours les tribunaux avec tous les problèmes que ça peut occasionner», ajoute Me François Lebeau, avocat spécialisé en droit du voyage.

Vacances Sears n’a pu fournir d’explications au Journal avant de mettre sous presse.

Au Québec, trois cas d’infection au virus ont été rapportés. Le virus a été contracté au cours de voyages en Amérique du Sud et les trois personnes se portent bien.