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Walmart aura les syndicats sur son chemin

Walmart aura les syndicats sur son chemin
Photo Le Journal de Québec, Pierre Couture

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Le géant américain Walmart rencontrera les syndicats et les détaillants sur son chemin s’il essaie de convaincre le gouvernement de lui permettre d’ouvrir ses magasins Supercentre jusqu’à 23 h, sept jours sur sept.

La législation québécoise empêche présentement Walmart de prolonger les heures d’ouverture de ses magasins Supercentre jusqu’à 23 h, comme les grandes bannières de supermarchés peuvent le faire.

«Si Walmart veut être reconnu comme une épicerie, ils n’ont qu’à se conformer à la loi», considère Roxane Larouche, porte-parole des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) pour le Québec.

Pour avoir droit aux mêmes privilèges que les épiceries, il faudrait que l’offre alimentaire de Walmart représente plus de 51 % de son offre globale, ce qui n’est pas le cas présentement.

Si Walmart essaie de convaincre le gouvernement de changer les règles du jeu, «ils vont certainement trouver sur leur chemin, les grands détaillants, les commerces d’accommodation (les dépanneurs) et les syndicats», prévient la porte-parole des TUAC.

Une boîte de Pandore

Selon elle, le gouvernement Couillard ouvrira une boîte de Pandore s’il accepte de rouvrir la Loi sur les heures d’ouverture de commerce de détail.

Mme Larouche rappelle également que c’est sous un gouvernement libéral que cette même loi a été revue, de fond en comble, et ce il y a moins d’une dizaine d’années, au terme d’un long et houleux débat.

Catégorisation des commerces, heures d’ouverture, nombre maximal d'employés après 21h : «rouvrir ce débat-là, nécessairement, c’est tout remettre sur la table», a souligné la porte-parole des TUAC.

«Le gouvernement devrait maintenir le statu quo», plaide pour sa part le président de la Fédération du commerce (FC-CSN), Serge Fournier, qui craint pour les petits commerces et les épiceries, si jamais le gouvernement adhère aux demandes de Walmart.

Au cabinet de la nouvelle ministre de l’Économie, Dominique Anglade, on se considère, pour l'instant, que devant des hypothèses.

«Pour le moment, il n’y a eu aucun contact entre Walmart et le gouvernement», a signalé l’attachée de presse de Mme Anglade, Jolyane Pronovost, avant de souligner qu’il appartiendra au géant américain «de faire la démonstration du bien fondé» de ses demandes.

Considérant les paramètres actuels de la loi, le pdg de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, Florent Gravel, considère «impossible et farfelue», la proposition avancée par Walmart.

- Avec Agence QMI