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La majorité des écoles privées en déficit

Quebec, Assemblee nationale
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Depuis deux ans, le réseau des écoles privées a encaissé une perte nette de près de 40 millions $.

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Dans le réseau de l’éducation, les déficits ne sont pas réservés qu’aux commissions scolaires. La majorité des écoles privées inscrivent aussi leur budget à l’encre rouge.

C’est l’une des conclusions d’une étude commandée par la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) à l’économiste Emmanuel Paradis. Selon les plus récents chiffres du ministère de l’Éducation, qui remontent à 2012-2013, les écoles privées subventionnées présentent, en moyenne, un déficit de -3,8 %, soit 391 $ par élève, comparativement à 497 $ par élève dans le réseau public.

«Il s’agit d’un portrait rose, puisque ces chiffres ne tiennent pas compte des dernières compressions», précise M. Paradis.

Depuis deux ans, le réseau des écoles privées a encaissé une perte nette de près de 40 millions $.

« À l’extrême »

«On a haussé les frais aux parents, on a tenté de compresser... On est rendu à l’extrême», lance Jean-Marc Saint-Jacques, président de la FEEP.

Même si ce constat est répandu dans l’ensemble des écoles, les plus grosses – 750 élèves et plus – s’en tirent généralement mieux que les petites.

Pour s’en sortir, il devient par ailleurs difficile de hausser encore davantage la facture refilée aux parents, puisque l’étude démontre qu’une hausse de 20 % des frais pourrait entraîner une diminution d’environ 20 % des inscriptions, au profit du public.

L’étude vise par ailleurs à démontrer que la baisse du financement public des écoles privées coûterait en fait plus cher à l’État québécois si cette diminution se traduit par un déplacement des élèves du privé vers le public, où Québec assume 100 % de la facture.

Élèves en difficulté

Pour recruter de nouveaux élèves, les écoles privées sont prêtes à accueillir davantage d’élèves en difficulté – des jeunes dyslexiques ou avec un trouble du déficit de l’attention, par exemple –, à condition que Québec ajuste leur financement en conséquence.

«Il y a une limite à accueillir ces élèves-là sans aucune autre ressource», affirme M. Saint-Jacques.