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La Ville de Québec poursuit le FM93 pour 1 M$

Les propos de l’animateur Sylvain Bouchard sur la «corruption» dans l’administration Labeaume mis en cause

L'animateur de Bouchard en parle, Sylvain Bouchard
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La Ville de Québec poursuit Cogéco et le FM93 pour 1 million $ pour des «propos mensongers, malicieux et diffamatoires» tenus par l’animateur Sylvain Bouchard au sujet de la «corruption» dans l’administration municipale.

Le 25 novembre dernier, Sylvain Bouchard commentait le rapport de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi qu’un article publié dans Le Journal sur le «cartel de Québec».

«À cette occasion, l’animateur Bouchard a intentionnellement et gravement porté atteinte à la réputation, la dignité, l’intégrité et la probité de la Ville, son administration, ses fonctionnaires ainsi que ses élus, en laissant faussement croire que le «cartel de Québec» aurait donné lieu à des actes de corruption au sein de l’administration de la Ville, alors qu’il n’en était rien», écrit la Ville dans un communiqué.

Selon elle, «l’animateur a faussement rapporté les faits contenus dans l’article de journal et dans le Rapport de la commission Charbonneau» en laissant entendre qu’il y aurait eu corruption, «alors que ni le rapport ni l’article ne traitaient de corruption concernant la Ville de Québec».

Le million de dollars réclamé par la Ville se divise en 500 000 $ en dommages compensatoires et en 500 000 $ en dommages punitifs.

Faire un «show»

Selon la Ville, Sylvain Bouchard a agi pour augmenter ses cotes d’écoute et «faire un show».

Le directeur de la station radiophonique de Québec, Richard Renaud, a indiqué au Journal qu’il n’avait jamais eu de mise en demeure préalable.

«On l’a appris par communiqué et ensuite on a reçu le document officiel. On a mis ça entre les mains de nos avocats et on n’a pas de commentaire à faire.»

Poursuite bâillon

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Paul Shoiry, dénonce vertement cette action et crie au «gaspillage de fonds publics». «Je vois cette poursuite comme un moyen de bâillonner la presse.»

Un avis partagé par la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Lise Millette.

«Ça a l’effet d’une poursuite bâillon», soutient-elle. Le maire Labeaume devrait s’adresser en premier recours au Conseil de presse du Québec s’il estime qu’il y a eu des manquements, dit-elle.

Mercredi, le maire de Québec n’a pas voulu commenter la poursuite déposée.

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla

Propos de Sylvain Bouchard à Bouchard en parle, le 25 novembre 2015 :

«On apprend ce matin que la collusion, corruption a duré plus longtemps à Québec qu’à Montréal.»

«Pendant cinq ans sous son règne [de Régis Labeaume], selon [l’ingénieur] Patrice Mathieu, 70 % des contrats étaient truqués. Est-ce que quelqu’un à Québec? Et là il faut faire attention, rien dans la commission Charbonneau ne relie Régis Labeaume et Équipe Labeaume à ça. Leur nom n’est même pas dans le rapport. C’est mentionné et je l’ai dit. Mais est-ce que quelqu’un va poser la question au maire Labeaume?»

«Alors là tu lui demandes s’il était au courant. Il va certainement dire non parce que même là, en posant des questions, il faut l’admettre, aucune preuve. Bon alors ça, il l’a déjà dit, il n’était pas au courant. Comme Gérald Tremblay a dit qu’il n’était pas au courant.»

Extraits de la poursuite de la Ville de Québec

« L’animateur Bouchard a volontairement altéré la réalité, en plus de jumeler ses propos mensongers à des insinuations et analogies tendancieuses et fallacieuses, de nature à tromper le public et à laisser entendre que des fonctionnaires et élus de la Ville de Québec, tout comme à Montréal, auraient été corrompus.»

« L’animateur Bouchard a ainsi altéré les faits et distordu la réalité pour faire un show dans le seul but d’augmenter sa popularité, les cotes d’écoute du FM93 et les intérêts économiques de ses employeurs.»

«Les défendeurs n’ont rien fait pour s’assurer que l’animateur Bouchard cesse ou s’abstienne de tenir des propos mensongers à l’endroit de la Ville, de ses fonctionnaires et de ses élus et ils ont plutôt fautivement négligé de mettre en place des mesures suffisantes et adéquates pour contrôler les propos de celui-ci.»

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