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Les taxis ont perdu

Uber
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Les chauffeurs de taxi perdront le combat contre Uber.

Si tant est qu’ils demeurent rigides sur leur exigence, l’issue est inéluctable.

Le gouvernement, par la voix du nouveau ministre des Transports, a annoncé qu’il tiendra une commission parlementaire spécifique sur cette question épineuse.

Il est important de retenir que le gouvernement est responsable du bourbier actuel. En louvoyant et en évitant de poser des gestes concrets, l’État a contribué à donner de l’espoir aux chauffeurs de taxi, en plus d’attiser les frustrations.

Il y a quelques mois, l’industrie demandait que le gouvernement intervienne pour encadrer le nouveau compétiteur. Devant l’absence d’une position claire et définitive, les revendications se sont modulées. Radicalisées même. Aujourd’hui, les taxis vivent d’espoir et demandent l’interdiction pure et simple de l’application révolutionnaire. Une utopie bien décrite par mon collègue Mario dans son dernier billet.

J’emploie le terme «révolutionnaire», mais gardons à l’esprit que nous sommes légèrement arriérés dans notre grande province. Uber n’est pas si nouveau. Uber est déjà solidement implanté dans des centaines de pays à travers le monde. Uber vaut 50 G$. C’est l’un de ses arguments les plus pesants d’ailleurs.

Enfin.

Le gouvernement est donc responsable de la situation actuelle. Il doit agir et vite. Sinon la situation risque de s’envenimer. En France, des voitures brûlent et des rues sont bloquées. Il faut éviter d’en arriver là.

Le gouvernement achète un peu de temps en mettant sur pied une autre commission. Mais le temps presse et la conclusion semble se dessiner petit à petit.

On décode aisément des échos en coulisses, de même que des propos du ministre Daoust, que le gouvernement légiférera pour encadrer le tout. On souhaite éliminer la concurrence déloyale et favoriser une saine compétition.

Pour y arriver, il faudra immanquablement allonger des sous pour dédommager les chauffeurs de taxi qui ont tout misé sur la valeur de leur permis.

Et c’est là que réside le prochain débat de société à mon avis.

Devons-nous payer pour dédommager les propriétaires de taxis?

Nous n’avons pas dédommagé les propriétaires de clubs vidéo que je sache. Mais il faut garder en tête que c’est le gouvernement qui a instauré le système de permis qui a mené à une surenchère et à un gonflement ridicule de la valeur de ceux-ci.

Qui doit payer alors? Les chauffeurs d’Uber, par le biais d’une redevance par exemple, ou carrément le contribuable?

Si le fardeau échoue sur les épaules frêles des contribuables, combien devrons-nous payer pour dédommager chacun des chauffeurs?

Il y a là de nombreuses questions auxquelles le gouvernement devra répondre et vite.

***

Je me suis réveillé l’autre nuit en faisant un drôle de rêve.

Celui que le gouvernement, l’industrie du taxi et Uber étaient guidés par un seul principe. Une seule finalité. Le bénéfice du client.

Ce serait si simple, mais bon, je rêve en couleur, me direz-vous...

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