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Des milliers de fugues chaque année

Des experts s’inquiètent du nombre de jeunes qui s’enfuient sous la responsabilité de la DPJ

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Des jeunes sous la responsabilité des Centres jeunesse du Québec ont fait pas moins de 1160 fugues d’une durée de plus de trois jours en 2014-2015. Des chiffres «alarmants», selon des experts.

«Ces chiffres sont inquiétants, s’indigne Pina Arcamone d’Enfant-Retour Québec. Les cas des derniers jours ont éveillé la conscience des gens. Ça se passe dans notre cour. Il y a un malaise, une détresse chez nos jeunes et il faut comprendre ce qui les pousse à partir. La fugue, c’est du sérieux.»

Dans la foulée de plusieurs cas médiatisés de fugues depuis des centres jeunesse au cours des derniers jours, le ministère de la Santé et des Services sociaux a fait parvenir au Journal des chiffres qui ont fait sursauter les experts.

Ainsi, 1160 fugues de plus de trois jours sont survenues en 2014-2015. En guise de comparaison, en date du 31 mars 2015, 2528 jeunes étaient hébergés, non seulement par les Centres jeunesse du Québec, mais également par les ressources intermédiaires de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), selon le site internet de l’organisation.

Moins de 24 heures

Considérant qu’un même jeune peut avoir fugué à plusieurs reprises, ce sont au total 6497 fugues à partir des Centres qui ont été signalées au Québec l’an dernier.

La grande majorité de ces fugues ont duré moins de 24 heures. Il s’agit même parfois de jeunes qui ont raté leur couvre-feu. D’ailleurs, Montréal arrive en tête avec 1505 signalements tandis que Laval arrive bonne troisième avec 889 fugues.

Conversation

«Il faut arrêter de mettre des plasters, on ne réglera pas le problème de l’hémorragie, a réagi Gilles Vachon, psychologue, après avoir pris connaissance de ce bilan. Les enfants ont besoin qu’on leur apprenne les valeurs, les règles, et qu’on leur impose notre réalité.»

«C’est alarmant. J’ai envie de crier aux parents; augmentez la conversation avec votre enfant. C’est le premier moyen pour que l’enfant sente qu’il appartient à une famille», conclut Jacques Brodeur spécialiste de l’éducation médiatique.

Il a été impossible jeudi soir de joindre les Centres jeunesse. Dans un courriel, le ministère s’est contenté de noter que le «nombre (de fugues de plus de trois jours) est en diminution».

– Avec la collaboration de Dominique Scali