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L’Association québécoise des centres de la petite enfance maintient la pression

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L’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) maintient la pression sur Québec en dépit des ententes intervenues avec les quatre autres organisations.

Quelque 200 membres de l’AQCPE, responsables syndicaux, éducatrices, parents et enfants ont manifesté, jeudi matin devant l’Assemblée nationale, pour rappeler que les nouvelles compressions de 51 millions $ exigées par le gouvernement de Philippe Couillard ne passaient tout simplement pas.

Si d’autres associations ont affirmé que Québec avait mis de l’eau dans son vin, le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, a affirmé mercredi que l’effort demandé demeurait inchangé.

Pour le PDG de l’AQCPE, Louis Sénécal, c’est une raison de plus pour poursuivre le combat. «On ne se sent pas isolée du tout» parce qu’on «représente la majorité des CPE au Québec».

Selon lui, des compressions de 400 millions $ ont été imposées aux CPE depuis 2006. «Le premier ministre a fondé tout ça en disant que l’économie du Québec était dans la grosse misère», dit-il, mais l’argument ne tient plus la route alors que le gouvernement Couillard se targue d’avoir atteint l’équilibre budgétaire et promet des réinvestissements.

Évidemment, les parents auront toujours besoin de faire garder leurs enfants et les garderies ne sont pas en voie de disparition. Mais les CPE se battent pour leur mission éducative. Une mission qui coûte beaucoup plus cher si l’ont compare à un simple service de garde, mais qui rapporte en bout de piste, assure M. Sénécal. «Ça fait 20 ans qu’on démontre que les CPE ont un impact sur les enfants. On les prépare à l’école, on les aide à se développer.»

«Si le gouvernement ne croit plus à cette mission qu’il le dise», lance M. Sénécal.

Parmi les manifestants, l’éducatrice Sylvie Lacasse déplore que les coupes précédentes aient déjà mené les CPE «au bord du ravin». «On baisse le nombre d’heures de travail, on rationalise la nourriture» dans les portions et dans le type d’aliments, en se tournant vers ce qui coûte moins cher.

«On se bat pour la sauvegarde du réseau. Jusqu’à maintenant, les coupes ont eu un effet catastrophique et immédiat sur nos conditions de travail, et ça ne peut qu’empirer», déplore Louise Labrie, de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. Le nombre d’heures de travail a diminué chez les cuisiniers, les concierges, dans les services aux enfants aux besoins particuliers, etc., et «ça n’ira pas en augmentant si on maintient les coupes».

Des parents présents à la manifestation ont affirmé au Journal qu’ils ressentaient clairement l’effet des compressions précédentes.