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Couillard lance un chantier sur le revenu minimum garanti

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Les planètes s'alignent pour l'implantation d'un régime de revenu minimum garanti. Alors que le gouvernement fédéral s'intéresse à la chose, Philippe Couillard lance un chantier sur cette question qui annonce une réforme radicale de l'État.

«Je suis sérieux quand je parle de ça, ce n'est pas une baloune qu'on lance», a déclaré vendredi le premier ministre du Québec au terme du caucus préparatoire des députés libéraux en vue de la prochaine session parlementaire qui s'amorcera le 9 février.

Philippe Couillard se dit préoccupé par les mutations économiques qui laisseront des gens sans emploi. «Dans cette nouvelle économie, ça va être difficile pour des gens de faire le passage. Il y aura de nouveaux emplois de créés. Le problème, c'est que les nouveaux emplois n'iront pas nécessairement à ceux qui ont perdu leur emploi à cause du progrès technologique.

«C'est là qu'on doit s'assurer d'être solidaire, qu'on n'échappe pas trop de monde dans cette transition économique qui va avoir lieu de toute façon. Ça s'appelle le maintien de la dignité des gens», a expliqué M. Couillard.

Le revenu minimum garanti permettrait aussi au gouvernement de simplifier «l'enchevêtrement de prestations» offertes par l'État telles l'aide sociale, l'assurance parentale, le crédit d'impôt à la solidarité, a continué le chef du gouvernement.

Disant s'inspirer de la Finlande qui se lance dans le versement d'un revenu minimum pour tous, Philippe Couillard précise qu'un tel régime n'est pas pour demain. «Il y a des travaux à faire, une trajectoire à définir», a-t-il prévenu.

Le ministre de l'Emploi et de la Sécurité sociale, François Blais, considéré comme un spécialiste du revenu minimum garanti, dirigera un groupe de députés dont le mandat sera d'en évaluer la faisabilité.

Une telle réforme obligerait le Québec à s'entendre avec le gouvernement fédéral. Philippe Couillard a d'ailleurs souligné qu'Ottawa s'intéresse à examiner cette idée. «Je suis content de voir que le ministre Jean-Yves Duclos a évoqué l'idée de façon positive. Ça vaut la peine qu'on l'étudie.»

L'implantation d'un régime de revenu minimum garanti aurait pour effet de réduire la taille de l'État, rapportait Le Journal dans sa livraison du 2 février. Le gouvernement devrait se départir d'une armée de fonctionnaires puisque plusieurs programmes ne seraient plus nécessaires.