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«On est venus leur dire merci»

Mgr Malgo et sœur Ines sont arrivés du Burkina Faso pour rendre hommage à leurs amis

Soeur Ines Kolesnore, de la Congrégation des sœurs de l’Immaculée Conception, et Mgr Pierre Claver Malgo, évêque de Fada-N’Gourma, ont tenu à faire le voyage à Québec, à la demande des familles, pour rendre hommage aux six victimes des attentats de Ouagadougou.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Soeur Ines Kolesnore, de la Congrégation des sœurs de l’Immaculée Conception, et Mgr Pierre Claver Malgo, évêque de Fada-N’Gourma, ont tenu à faire le voyage à Québec, à la demande des familles, pour rendre hommage aux six victimes des attentats de Ouagadougou.

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Après la colère devant l’attentat terroriste qui a fauché la vie de ses amis, sœur Ines Kolesnore trouve la force de tirer une leçon de la tragédie, celle de se tenir debout et de poursuivre le travail entamé par la famille Carrier.

Mgr Pierre Claver Malgo, évêque de Fada-N’Gourma, et sœur Ines Kolesnore, de la Congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception de Ouagadougou ont tenu à faire le voyage à Québec, à la demande des familles, pour rendre hommage aux six victimes des attentats de Ouagadougou.

«C’est pour prouver notre amour, notre fraternité», témoigne Sœur Ines. «Parce qu’on était devenus comme la même famille.»

Tous deux ont côtoyé les membres du groupe au Burkina Faso. Sœur Ines les accompagnait à chacun de leurs séjours au pays. Mgr Malgo avait rencontré la mère de Gladys Chamberland, Hélène, au début des années 2000. C’est de là que sont nés l’implication et le travail humanitaire de la famille Carrier. Leur dernier voyage s’est achevé brutalement le 15 janvier avec l’assassinat par des terroristes de Gladys Chamberland, Yves Carrier, Maude Carrier, Charles-Élie Carrier, Louis Chabot et Suzanne Bernier.

C’est sœur Ines qui a appris au conjoint de Maude Carrier, Yves Richard, que ses proches étaient malheureusement tombés sous les balles des terroristes. Elle avait passé la nuit du 15 au 16 janvier à voyager vers Ouagadougou et à chercher inlassablement, gardant toujours espoir que ses amis soient sains et saufs.

Dépasser la révolte

Ce n’est que le lendemain de l’attaque, en après-midi, qu’elle a dû se rendre à l’évidence. «J’étais un peu perdue dans toutes mes émotions. Quand Yves m’a appelée, j’étais en train d’identifier les corps. C’était très difficile», souffle-t-elle.

«À première vue, dès que c’est arrivé, c’est la révolte, c’est l’incompréhension. C’est intolérable de voir des gens pleins d’amour et de générosité qui finissent dans cette violence, dans cette haine. C’est révoltant, c’est inadmissible. Après, on essaie de comprendre pourquoi et on doit voir un côté positif à cela. Et moi, qu’est-ce que je peux faire? Je dois continuer la mission qu’ils me laissent, je dois véhiculer cet amour, cette générosité en mémoire d’eux.»

Sans quoi les terroristes auront gagné, poursuit Mgr Malgo. «Il ne faut pas laisser la peur nous tenir captifs.»

Un grand merci

C’est Mgr Malgo qui prononcera l’homélie lors des funérailles de Gladys, Yves, Charles-Élie, Maude et Louis, qui ont lieu samedi. Avant tout, il tient à les remercier. «On est venus leur dire merci. On était loin l’un de l’autre. Ils se sont approchés et ils ont fait en sorte qu’on soit proches les uns des autres. On est devenus des amis, des frères, une famille. Ça nous tenait à cœur de venir pour les accompagner dans leur dernière demeure.»

À Ouagadougou, le choc terrible provoqué par les attentats mettra du temps à passer, croit-il. Les Burkinabés ne sont pas habitués à de tels actes. «On n’était pas préparés. Ça se passe toujours chez les voisins. On a appelé les uns et les autres à se mettre debout, à être solidaires, à se mettre ensemble pour ne pas annuler ce que ceux qui sont morts là étaient en train de réaliser.»

Les funérailles

Yves Carrier, Gladys Chamberland, Charles-Élie Carrier, Maude Carrier et Louis Chabot:
Samedi, à 14 h 30
À l’église Saint-Sacrement, située au 1330, chemin Sainte-Foy, Québec
Célébration de la Parole présidée par Mgr Gaétan Proulx, évêque auxiliaire à Québec, accompagné de Mgr Pierre Claver Malgo, évêque de Fada-N’Gourma, au Burkina Faso

Suzanne Bernier
Samedi, à 11 h
À l’église Saint-Thomas-d’Aquin, située au 2125, rue Louis-Jolliet, Québec
Cérémonie présidée par le père Alexandre Julien, membre de l’équipe pastorale de la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin. L’abbé Alain Pouliot, vicaire épiscopal au diocèse de Québec, représentera le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec.