/entertainment/radio
Navigation

Des publicités qui font jaser

Ces messages antiradios enfreignent plusieurs articles du Code canadien des normes

Les messages sont publiés un peu partout à Québec et à Lévis.
Photo Le Journal de Québec, Pascal Huot Les messages sont publiés un peu partout à Québec et à Lévis.

Coup d'oeil sur cet article

Les mystérieux panneaux publicitaires visant les radios de Québec, qui sont qualifiées de radios-poubelles, enfreignent au moins trois articles du Code canadien des normes de la publicité.

«Le service qui est déprécié est identifiable — les radios de Québec», explique d’entrée de jeu Danielle Lefrançois, directrice des communications aux Normes canadiennes de la publicité (NCP).

«On ne peut pas dénigrer un produit ou un service de façon gratuite, sans aucun fondement», poursuit-elle.

Selon Mme Lefrançois, le mystérieux mouvement publicitaire antiradios de Québec enfreint les articles 2, 6, et 14 C) du Code canadien des normes de la publicité.

Ces règles stipulent notamment qu’aucune publicité ne doit être présentée de manière à masquer son but commercial, qu’elles ne doivent pas injustement discréditer et qu’elles ne doivent pas tenter d’exposer au mépris public ou au ridicule.

Aucune plainte

Le NCP souligne qu’il n’y a eu aucune plainte à ce jour au sujet de ces publicités. «Nous fonctionnons par mécanisme de plainte. S’il n’y en a pas, on ne fait pas de monitoring», explique la porte-parole. Elle ajoute toutefois que porter plainte, dans ce cas-ci, est difficile, «car on ne sait pas qui est l’annonceur», observe-t-elle.

Lorsqu’une plainte est formulée au NCP et que le conseil détermine que la publicité contrevient à un ou plusieurs articles du Code, l’annonceur devra retirer ou modifier sa publicité.

Annonceur mystérieux

Joint par Le Journal, l’entreprise d’affichage Outfront qui diffuse les messages a refusé de dévoiler qui est son mystérieux client. Les messages sont publiés un peu partout à Québec et à Lévis.

De son côté, la coalition Sortons les radios-poubelles de Québec soutient ne pas être derrière cette vague de publicité. «Nous n’en savons pas plus», a fait savoir la coalition par courriel.

«Par contre, nous pouvons faire le constat que la radio-poubelle est un sujet polarisant, mais très populaire. La radio-poubelle interpelle, fait réagir et est très populaire. Tout le monde veut profiter de ce phénomène», était-il également écrit.

Ce qu'ils ont dit

«Si c’est une entreprise de radio, je gagerais sur les Leclerc (BLVD). Ils tentent de se démarquer des autres radios parlées et je crois que le prochain sondage risque d’être déterminant pour eux.»

– Jérôme Landry

«Si j’avais un vieux 2 $, j’le mettrais sur eux: la Coalition pour la justice sociale de Québec-Chaudière-Appalaches. Mais aucune preuve encore.»

– Yannick Marceau, Radio X

«Ce n’est pas nous. Le message est un peu surprenant. Personne à notre connaissance n’affirme qu’il n’y a QUE des radios-poubelles à Québec.»

– La Coalition pour la justice sociale de Québec-Chaudière-Appalaches

«Peut-être Radio Galilée!»

– Marto Napoli, Énergie

«Selon moi, il n’y a aucune radio-poubelle à Québec. Que de bonnes radios d’opinions parfois tranchantes, mais sans plus.»

– Roby Moreault, Radio X

«On n’en sait rien, mais une chose est sûre: ils ont du fric.»

– Dominic Maurais, Radio X

«J’ai aucune idée. On pense que c’est les Leclerc, mais on sait pas.»

– Gilles Parent, FM93

«Je ne sais pas. Je pense que c’est un coup de publicité qui n’a aucun rapport avec la radio. C’est une compagnie parce que ça coûte cher. Ce n’est pas un regroupement comme Sortons les poubelles.»

– Sylvain Bouchard, FM93

«C’est peut-être la compagnie Outfront elle-même. Une guerre commerciale. Leur gros concurrent dans la vente, c’est justement la radio. Ça reste une hypothèse.»

– Stéphan Dupont, Énergie

»Un client corporatif? Je ne pense pas que ce soit des syndicats. L’objectif d’attirer l’attention est atteint. Reste à voir si c’est de bon goût.»

– Éric Duhaime, FM93

«On sait pas si c’est une job interne. Je pense que c’est BLVD, mais je n’ai pas de confirmation.»

– Jeff Fillion, Énergie

«Je ne peux pas dire de qui ça vient. Ça fait jaser et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça tire dans toutes les directions.»

– Stéphane Gasse, BLVD