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Il apprend à 40 ans qu’il est autiste

Un premier forum québécois fait le point sur ce trouble du développement

«C’est pour les enfants autistes que je me bats, pour le respect de leur diversité», exprime Stéphane Blackburn, qui a appris à 40 ans qu’il était autiste.
Photo Le Journal de Québec, Johanne Roy «C’est pour les enfants autistes que je me bats, pour le respect de leur diversité», exprime Stéphane Blackburn, qui a appris à 40 ans qu’il était autiste.

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Alors qu’il avait toujours été anxieux, impulsif et mal adapté à son entourage, Stéphane Blackburn a appris à 40 ans qu’il était autiste, lorsque son fils cadet a reçu ce diagnostic.

«J’ai commencé jeune à avoir des crises. J’avais des notes exceptionnelles à l’école et l’oreille absolue. Avant, la vie m’était compliquée. Malgré mon apparence normale, j’étais mal adapté à mon milieu de travail. On me croyait distrait, colérique», a confié jeudi M. Blackburn, à l’ouverture du premier Forum québécois sur le trouble du spectre de l’autisme (TSA), qui se déroule à Québec sous l’égide du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Profonde introspection

La connaissance de son état a transformé la vie de cet enseignant de philosophie au cégep de Thetford Mines. «Cela m’a permis de me reconstruire, de faire une profonde introspection qui m’a permis de trouver mon équilibre et ma sérénité», a-t-il exprimé.

Son fils cadet, Olivier, faisait des crises quotidiennes; il souffrait de retards psychomoteurs et de troubles du langage. Son autre fils, François, cumulait quant à lui des maladresses que les médecins ont associées au TSA.

«Ma conjointe et moi avons refusé de baisser les bras. On a bien fait, car, aujourd’hui, ils sont tous deux très heureux. Les gens autistes sont plus nombreux que jamais parce qu’ils sont découverts comme jamais. Il en reste cependant un très grand nombre qui est sans diagnostic», a souligné M. Blackburn.

Phénomène en croissance

On estime qu’une personne sur 94 présente un trouble du spectre de l’autisme au Canada, dont autour de 80 000 au Québec. Il n’y a aucun consensus scientifique sur les causes du TSA, qui pourrait être d’origine neurologique ou génétique, voire environnementale.

«On doit faire front commun devant le TSA. Le phénomène est en croissance mondialement. Le TSA présente des complexités variables, une gravité différente d’une personne à l’autre. Il y a une grande variété de besoins, et on doit mieux nous outiller. Les échanges de ce forum permettront de déterminer ce qui doit être fait en priorité», a soulevé la ministre Lucie Charlebois, qui est l’instigatrice de l’événement.