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Un couple en mission

L’histoire inusitée de Kathleen, Guy et leur famille reconstituée

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Photo courtoisie Kathleen Tourigny, 44 ans, et Guy Rouleau, 53 ans, ont trouvé l’amour… le vrai!

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Ensemble depuis six ans, Kathleen Tourigny, 44 ans, et Guy Rouleau, 53 ans, ont su conjuguer leurs cinq enfants et leurs bagages différents. Tous deux sortis d’une longue relation avec enfants, ils partagent la conviction d’être tombés sur la perle rare... via une agence de rencontres sur Internet. Qui a dit que les couples heureux n’ont pas d’histoire ?

Comment vous êtes-vous ­rencontrés ?

Kathleen Tourigny – On s’est rencontrés sur Réseaux Contact. J’avais mis une petite annonce pour chercher un partenaire de vie, mais sans plus. Je ne cherchais pas à entrer en relation, mais plutôt à passer du bon temps et à faire des activités avec un homme. Guy m’a répondu et il m’a proposé d’aller faire du bénévolat, d’aller marcher, de jogger ou de faire des petits travaux dans la maison. Finalement, on est allé marcher dans le parc de la Gatineau. C’était le 11 avril 2010. Quand on a eu terminé cette marche-là, en deux heures, j’avais l’impression que ça faisait des semaines et des années qu’on se connaissait. C’est comme ça que notre relation a commencé.

Y a-t-il des sujets sur lesquels vous vous êtes mis d’accord d’être en désaccord à vie ?

KT – Oui. Une des premières choses, c’est la façon d’élever les enfants. Les enfants n’ont pas choisi d’être en famille recomposée, ils n’ont pas choisi la blonde de papa et le chum de maman. Par conséquent, il faut avoir beaucoup de respect pour ces enfants-là, qui ont à vivre dans cette situation. Ils ont été élevés d’une certaine façon, alors à nous de faire en sorte de respecter ces traditions. Par exemple, chez moi, les enfants mangent à la table de la cuisine, que ce soient les collations ou les repas. Les enfants de mon conjoint, eux, pouvaient manger dans leur ­chambre. J’aurais pu dire que ça n’avait pas de bon sens, mais non, parce que c’est ce qu’ils ont connu.

Comment arrivez-vous à accepter l’autre sans vouloir le changer ?

Dans une discussion, c’est toujours 50/50. L’autre a droit à son opinion et tu peux être d’accord ou en désaccord avec lui, mais tu dois accepter qu’il ait son opinion. On ne peut pas changer les valeurs profondes de l’autre, mais on peut arriver à lui faire voir quelque chose de différent en donnant son opinion, d’où notre principe numéro deux.

Quel est le secret de la longévité des couples ?

KT – Guy croit que c’est le respect entre les deux membres du couple. Bref, de traiter l’autre comme on veut être traité. Aussi, de partager nos états d’âme aussi souvent que possible. Nous, on a un petit rituel quotidien où on s’envoie un courriel ou un texto qu’on appelle notre mood check. On vérifie l’état d’âme de ­l’autre au moment présent. Ça m’amène à me demander comment je me sens vraiment à ce moment-là. Si je dis à mon conjoint que je suis stressée, anxieuse ou fatiguée, à mon retour à la maison, il va ­m’accueillir différemment que si je lui avais dit que j’étais enthousiaste et excitée. On se présente donc à l’autre de la bonne façon.

Parlez-moi un peu de votre « mission de vie » ?

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Photo courtoisie

KT – En juillet 2010, au cours d’un voyage en Jamaïque, Guy a sorti un livre qui prônait l’idée de se donner une ­mission de couple. On devait inscrire sur quoi on voulait que notre ­quotidien soit fondé et nos principes de vie, qui vont nous guider au quotidien et pour le reste de nos jours. On a ­chacun rédigé des trucs et on est arrivé à un consensus. On a établi une mission de vie et, depuis, elle évolue. Certains points vont changer au quotidien – parce que les enfants grandissent, par exemple –, mais nos principes, eux, restent ­toujours les mêmes.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de principes de vie ?

KT – On en a six en tout, mais trois principaux, qui sont: 1) accepter l’autre pour ce qu’il est ou n’est pas; 2) communiquer avec l’autre avec transparence, vulnérabilité et authenticité; 3) conserver notre ­identité, notre individualité. Ensuite, on veut contribuer à bâtir un monde meilleur un couple à la fois, partir à la découverte de la planète ensemble et être financièrement à l’aise.

Quelques conseils ­pourriez-vous donner aux autres couples ?

KT – La communication et l’acceptation, c’est la clé. Par contre, aujourd’hui, les ­parents font tout pour les enfants, mais ils s’oublient souvent comme couple. Guy propose donc de se créer une bucket list de choses qui nous ­allument en tant que couple, mais aussi individuellement. À quoi ça sert d’en avoir une individuelle? À se réaliser soi-même. Il faut d’ailleurs aider l’autre à s’épanouir, le surprendre et même dépasser les attentes. C’est ce qui garde la flamme allumée, finalement.