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Décrochage scolaire: nous sommes bien partis! Persévérons!

Décrochage scolaire: nous sommes bien partis! Persévérons!
© Agence QMI

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Nous voilà engagés dans la Semaine de la persévérance scolaire. Une occasion rêvée pour plusieurs de répéter que nous serions les cancres du décrochage, que notre performance ne s'améliore pas, que c'est à désespérer. Tout cela est faux. Depuis au moins le tournant du siècle, le taux de décrochage scolaire diminue constamment au Québec.Tout n'est pas gagné, mais nous sommes bien partis!

Le taux annuel de décrochage scolaire (le taux de sorties sans diplôme ni qualification) diminue, et ceci au moins depuis le début des années 2000. En tout et partout, ce taux s'est dégonflé de 31% . De quoi s'arrêter un petit moment pour s'en réjouir. Cette diminution est aussi bien le fait des garçons (-33%) que des filles (-26%). Le gain chez les garçons est plus important mais leur taux de décrochage demeure encore plus élevé  que chez les filles. L'écart se rétrécit mais demeure substantiel. Le  taux de diplomation (taux d'élèves avec diplôme dans les 7 ans suivant l'inscription au secondaire), lui aussi en progression, atteint les 77,7 % et en bonne voie de toucher les 80% en 2020. Encore là, les gars sont à la traîne des filles, un écart de 10% environ.

À quoi attribuer ces gains? Plusieurs réponses sont possibles. Premièrement, il y a eu durant les dernières années diffusion d'un modèle de soutien à la persévérance scolaire qui a d'abord été développé et mis à l'essai au Saguenay-Lac St-Jean par l'équipe du CRÉPAS, une formidable équipe de chercheurs et d'intervenants de tous horizons. Ce modèle mise sur l'engagement de toute la population dans un effort collectif et concerté d'encouragement et de soutien à la persévérance auprès des jeunes. Chacun, dans ce modèle, peut devenir un super héros de la persévérance scolaire à titre de parent, d'employeur, de syndiqué, d'enseignant, de commerçant, d'élu municipal...Il suffit de mettre la main à la pâte, de contribuer à un mouvement et à un plan qui n'a qu'un objectif en tête: lutter contre l'abandon scolaire. Le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires créé sous la gouverne de Jacques Ménard en 2209 a fortement misé sur ce modèle.

Deuxièmement, depuis le milieu des années 2000, le programme du secondaire a été modifié de sorte à répondre aux besoins de formation d'un sous groupe d'élèves qui autrement se dirigent vers un échec quasi certain. On a donc créé une filière de formation de métiers spécialisés, semi ou non spécialisés qui mène à une attestation d'études secondaires. Certains affirment que l'on tronque ainsi les statistiques sur le décrochage. Je dirais plutôt que l'on fait preuve d'un sain réalisme en permettant à ces jeunes de réussir là où ils échouaient auparavant, notamment pour les garçons qui trouvent davantage leur compte dans une filière d'apprentissage qui fait de la place à des stages de formation pratique.

Et, le meilleur est à venir.  Nous savons, preuves scientifiques à l'appui, que les tout-petits québécois de familles défavorisées qui fréquentent les CPE présentent, en comparaison avec d'autres types de service de garde, 2,5 fois moins de risque d'amorcer l'école primaire avec une vulnérabilité dans leur développement. Leur fréquentation d'un CPE augmente substantiellement les chances de réussite de milliers de ces enfants dès leur entrée à l'école et tout tout a long de leur parcours scolaire. L 'arrivée de plus en plus importante de cohortes d'enfants qui auront fréquenté un CPE ne pourra qu'améliorer notre performance en matière de persévérance scolaire. 

Évidemment, tout n'est pas gagné. Mais, nous savons ce qui peut nous faire encore marquer des points: un engagement local collectif et concerté à l'égard de la persévérance scolaire, une école mieux adaptée aux besoins des élèves les plus vulnérables et à ceux des garçons, un investissement massif, au lieu de coupures, dans le développement des CPE et une amélioration des conditions d'exercice de la profession des enseignants y compris leur formation continue. Alors que nous sortons à peine de la Semaine des enseignantes et des enseignants, nous devons leur donner un sérieux coup de chapeau: ils tiennent l'école publique à bout de bras avec des ressources insuffisantes. Selon une étude de Pierre Fortin, le PIB augmentait de 38% entre 2004 et 2014 alors que le budget en éducation prenait du retard avec une augmentation de 35%. Et, le dernier budget n'arrange rien à l'affaire au contraire. Il y a clairement un redressement sérieux à consentir aussi de ce côté.

Persévérons, nous sommes bien partis!