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Que la pointe de l’iceberg

Les chauffeurs «illégaux» se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les centres pour personnes âgées

Les chauffeurs de taxi de la région dénoncent les « travailleurs illégaux ».
Photo roger gagnon Les chauffeurs de taxi de la région dénoncent les « travailleurs illégaux ».

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L’industrie du taxi au Québec fait face, depuis quelques mois, à une lourde concurrence provenant de différents services de transport «parallèles».

Même si Uber ne souhaite pas s’implanter dans la région, à court terme, les chauffeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent se confronter aux «travailleurs illégaux» qui se montent une clientèle grâce aux réseaux sociaux.

Il y a maintenant un an, le service de transport UberX débarquait à Québec, en semant la controverse. L’inquiétude s’est d’ailleurs fait sentir chez les chauffeurs de taxi du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui appuient les moyens de pression provinciaux.

L’entreprise mettant en contact des passagers et des conducteurs via une application mobile ne souhaite toutefois pas s’implanter dans la région, du moins, pour le moment.

«Bien que nous souhaitions offrir une option alternative de transport sécuritaire, fiable et abordable au plus grand nombre de Québécois possible, nous n'avons pas de plan précis quant au lancement de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean», mentionne Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole pour Uber Canada.

Cette nouvelle réjouit les chauffeurs de taxi de la région qui craignent les impacts négatifs qui découleraient de l’implantation de ce service.

«Je ne peux pas vous cacher que c’est un soulagement pour nous. On était inquiets parce qu’Uber a essayé de faire du recrutement, chez nous, avec les réseaux sociaux. On dirait bien que ça n’a pas fonctionné à leur goût», souligne Stéphane Pilote, président de Taxis-Unis à Chicoutimi.

POINTE DE L’ICEBERG

Pour Carolle Dallaire, déléguée régionale du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi, la présence d’Uber ne serait que la pointe de l’iceberg.

Selon elle, depuis près d’un an et demi, plusieurs personnes offrent des services de transports «illégaux» sur Facebook, Kijiji, dans les centres pour personnes âgées ou directement dans la cour des hôpitaux et des centres commerciaux.

«Ça s’est accentué de façon exponentielle. Les gens se montent une clientèle pour faire du travail au noir. Chez nous, le téléphone ne sonne presque plus. C’est difficile d’évaluer les pertes financières, mais elles sont importantes», illustre Mme Dallaire, propriétaire de Taxi 2151, à La Baie.

INTERVENTION

Les chauffeurs de taxi déplorent que le gouvernement n’intervienne pas afin de contrôler des entreprises comme Uber ou d’interdire les «transports illégaux» alors qu’eux, ils doivent détenir des permis.

Carolle Dallaire a porté plainte à plusieurs reprises au contrôle routier du Québec, et quelques chauffeurs «illégaux» ont reçu des avertissements ou des amendes.

«Le risque est tellement minime. Les contrôleurs font ce qu’ils peuvent, mais ils ne sont pas capables de punir plus que ça», explique-t-elle.

Elle demande donc au gouvernement d’intervenir grâce à des sanctions plus sévères afin de récupérer des taxes et des impôts «perdus dans du travail au noir.

«On demande aux gouvernements de saisir les permis de conduire, sinon ça va continuer. On croit que c’est la seule façon de faire peur au monde», conclut Carolle Dallaire.