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Sa sœur de 29 ans au CHSLD?

Des coupes du gouvernement pourraient faire fermer sa résidence d’accueil

Claudiane Richer, 31 ans, s’inquiète des répercussions des coupes gouvernementales sur la condition de sa sœur Audrey, 29 ans.
photo Courtoisie Claudiane Richer, 31 ans, s’inquiète des répercussions des coupes gouvernementales sur la condition de sa sœur Audrey, 29 ans.

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Une femme des Laurentides redoute que sa sœur de 29 ans lourdement handicapée se retrouve dans un CHSLD en raison des coupes gouvernementales.

«Ma phobie, c’est qu’Audrey s’en aille dans un CHSLD. J’ai peur qu’elle se retrouve toute seule parmi des aînés», craint Claudiane Richer, 31 ans.

Sa sœur de 29 ans est atteinte de la maladie de Sly (mucopolysaccharidose de type 7), une maladie génétique et dégénérative qui affecte son métabolisme.

Audrey a besoin de soins 24 heures sur 24. Elle n’a plus de tonus et a fréquemment des crises de douleur. Elle dort avec un respirateur et doit être tournée toutes les heures.

«Dans les CHSLD, on dirait que c’est écrit sur leur front “je suis malade”. Envoyer ma sœur là-bas, c’est réduire son espérance de vie. J’ai peur qu’elle ne dorme plus, qu’elle ne mange plus», ajoute Claudiane Richer.

Des coupes de 50 %

Depuis le 1er janvier, le gouvernement Couillard a diminué de 50 % une mesure de maintien qui permettait à quelque 500 maisons hébergeant des personnes lourdement handicapées de joindre les deux bouts.

Les compressions touchent notamment la Maison Claudie-Richer, à Mont-Laurier, dans les Hautes-Laurentides, où Audrey Richer habite depuis 10 ans. En raison des nouvelles restrictions, la propriétaire, Solange Valiquette, verra son budget amputé de 4200 $ par mois.

«Je commence à 6 h le matin et je termine à minuit. J’ai coupé une employée [sur cinq]. Je suis sur le respirateur artificiel. C’est sûr que, s’il ne se passe pas quelque chose d’ici six mois, j’envisage de fermer», déplore Mme Valiquette.

Une deuxième maison

Claudiane Richer ne croit pas pouvoir ramener sa sœur Audrey à la maison. Elle estime que la charge de travail est beaucoup trop élevée pour elle et ses parents.

«Comment lui expliquer qu’elle va avoir des soins, mais plus de maison, plus d’amis? J’ai peur qu’elle se dise qu’elle n’a plus d’importance, qu’elle se sente tassée dans un coin. J’ai peur qu’elle se sente comme dans une prison», déplore Claudiane Richer.

Une nouvelle classification

Au Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides, on estime que 11 des 226 ressources intermédiaires du territoire sont à risque de fermer.

«Nous nous sommes assis avec ces ressources pour voir comment on pouvait les aider financièrement. On a planifié ce qui arriverait si ces ressources en venaient à fermer, et en aucun cas ce ne sont les CHSLD qui sont prévus pour héberger les personnes handicapées, explique Myriam Sabourin, agente d’information au CISSS des Laurentides. C’est une comparaison qui ne mérite même pas d’être faite, ce n’est même pas le même type de soins.»

En raison d’une reclassification de tous les usagers, le gouvernement juge que l’état des patients de la Maison Claudie-Richer s’est amélioré, ce qui n’est pas le cas selon Mmes Valiquette et Richer.

Claudiane Richer estime que l’état de santé d’Audrey va en déclinant. Elle souligne que depuis qu’une pneumonie a bien failli la tuer il y a deux ans, Audrey a de la difficulté à avaler et doit se nourrir de purée.